Société

Dordogne : un an après, la délicate intégration des syriens de Jumilhac

Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord lundi 7 septembre 2015 à 18:01

Le maire de Jumilhac le grand Annick Maurussane ne regrette rien
Le maire de Jumilhac le grand Annick Maurussane ne regrette rien © Radio France - Antoine Balandra

Il y a 15 mois, trois familles de syriens, venues d'Alep et de Damas s'installaient à Jumilhac le Grand au coeur du Périgord vert. Ils étaient les premiers à être accueillis en Dordogne. Depuis, ces syriens hésitent entre reconnaissance et déception de ne pas pouvoir mieux s'intégrer.

La France va accueillir 24.000 réfugiés de guerre d'ici deux ans.  C'est ce qu'a annoncé François Hollande lors de sa conférence de presse de rentrée. En Dordogne, Germinal Peiro, le président du Conseil départemental, a redit  sur France Bleu Périgord qu'il encourageait les maires périgourdins à faire venir des réfugiés de guerre.

Il a envoyé ce lundi matin un courrier aux maires pour qu'ils recensent les logements disponibles. Le président du Conseil départemental s'est d'ailleurs ensuite rendu à Périgord Habitat qui gère les HLM. La fédération périgourdine du PS a dit soutenir la position de Germinal Peiro.

Certains maires se sont déjà aussi manifestés pour se dire prêts à accueillir des migrants. A Périgueux, Antoine Audi promet d'accueillir lui aussi d'accueillir des migrants.

Antoine Audi le maire de Périgueux prêt à accueillir les réfugiés

Mais cela concerne aussi les petits villages... Patrick Salinié, le maire de Saint André Allas en Périgord noir, 800 habitants se dit lui aussi prêt à accueillir une famille.

Patrick Salinié, le maire de Saint André Allas

En Dordogne, La Coquille et Jumilhac le Grand sont même des pionnières, puisqu'elles accueillent des familles syriennes depuis maintenant 15 mois. A Jumilhac, 1200 habitants, trois familles venues d'Alep et de Damas sont hébergées depuis mai 2014 dans des HLM. Et aujourd'hui, le village les apprécie beaucoup.

"Ce sont des gens très discrets" expliquent de nombreux habitants

Seulement voilà, si les Syriens sont ravis d'avoir été sauvés des horreurs de la guerre, ils ne trouvent toujours pas de travail depuis 15 mois. Un homme, électricien en Syrie, a bien travaillé quelques jours dans la cueillette des pommes ; un autre, chirurgien a trouvé du travail au Puy en Velay, loin de sa famille donc.

Reportage avec une famille syrienne

Aujourd'hui, ces Syriens espèrent se rapprocher d'une grande ville pour trouver plus facilement du travail ou se soigner. Une note positive cependant : les enfants eux sont déjà quasiment bilingues, scolarisés à l'école de Jumilhac et au collège de La Coquille.

Note de la rédaction : les prénoms des Syriens rencontrés à Jumilhac ont été modifiés à leur demande.