Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Dordogne : une centenaire reçoit la légion d'honneur ce vendredi

jeudi 23 août 2018 à 19:53 Par Mickaël Chailloux, France Bleu Périgord et France Bleu

Geneviève Callerot, 102 ans, vit à Saint-Aulaye depuis 1920. Elle va recevoir la légion d'honneur ce vendredi à 18h, au cinéma Le Studio à Saint-Aulaye, des mains de Gérard Fayolle, ancien président du Conseil Général de Dordogne (1992-1994). Coup de projecteur sur une personnalité atypique.

Geneviève Callerot, chevalière de la légion d'honneur, habitante de Saint-Aulaye
Geneviève Callerot, chevalière de la légion d'honneur, habitante de Saint-Aulaye © Radio France - Mickaël Chailloux

Saint-Aulaye, France

Geneviève Callerot est un petit bout de femme, qui se promène les pieds nus, avec son bâton en guise de canne. A 102 ans, elle a encore toutes ses dents...et-reste très modeste. Elle était presque gênée de recevoir tant d'honneur. _"_Au départ, j'ai voulu refuser. Je ne voyais pas pourquoi moi j'aurais la légion d'honneur. Mais j'ai pensé à mes parents. Pendant la guerre et l'Occupation, ils ont fait des tas de choses. Si je la prends, c'est autant pour eux que pour moi."

Elle sauve près de 200 personnes avec son père et sa soeur

Geneviève Callerot a un parcours de vie atypique. Née en 1916, son premier souvenir c'est la guerre, et le bombardement de Paris par la Grosse Bertha. Par la suite, elle est venue s'installer en Périgord, à 3 kilomètres de là où elle habite aujourd'hui. Si elle est honorée aujourd'hui, c'est en partie pour son comportement pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle habite proche de la ligne de démarcation entre Riberac et Montpont, elle va avec son père et sa sœur sauver 200 personnes. "On regardait pas qui, on faisait passer" explique la centenaire. Des jeunes, des vieux, des juifs, des américains ou anglais blessés de guerre, elle fera passer le plus de personnes possible. Elle le payera, puisqu'en octobre 1942, elle se fait prendre et passe trois semaines en prison. Après la guerre, elle achète sa maison en 1956 à Saint-Aulaye.

Sa maison achetée en 1956 au lieu dit La Mothe Rouge - Radio France
Sa maison achetée en 1956 au lieu dit La Mothe Rouge © Radio France - Mickaël Chailloux

Un honneur pour Saint-Aulaye

Yannick Lagrenaudie, maire de Saint-Aulaye, a fait la demande de légion d'honneur à la préfète de la Dordogne. Celui qui a déjà honoré sa concitoyenne en donnant son nom à la médiathèque de la commune voulait rendre hommage au "parcours atypique de Geneviève Callerot."

"C'est un parcours de labeur et de travail. La vie dans la Double était difficile, avec son marie (Jean) ils étaient métayers avec peu de moyens" raconte l'édile, subjugué par le courage et la curiosité de son administrée. _"_Il y a pas très longtemps, elle était agricultrice, elle était capable d'accrocher seule une herse à son tracteur !" s'exclame le maire. 

"S'il y avait un mètre-étalon pour récompenser un parcours de vie qui mérite d'être honoré, on peut l'appeler Geneviève Callerot"

Une écrivaine de la Double

Enracinée dans sa Double chérie, Geneviève Callerot s'est mis sur le tard à l'écriture. Elle est la cousine de l'écrivain-humoriste Jean-Charles, connu pour son livre "La foire aux cancres". C'est avec lui qu'elle a eu envie de se lancer et d'écrire, lui qui a lu la première nouvelle qu'elle a écrite. Il lui a conseillé d'écrire un roman, car cela se vendrait mieux en France. Depuis, elle a publié six romans, l'un d'entre eux "Cinq filles du grand barrail" s'est vendu à 15.000 exemplaires.

Le septième est déjà écrit et racontera son histoire sous l'occupation.