Société

DROGUE - Chez les ados, le pétard redémarre

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan mercredi 2 septembre 2015 à 6:30

47,8% des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis, contre 41,5% en 2011
47,8% des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis, contre 41,5% en 2011 © MaxPPP

Les dernières enquêtes montrent que la consommation régulière de cannabis repart à la hausse chez les jeunes de 17 ans. La présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives rencontrent les forces de l'ordre et le rectorat à Nantes.

Au début des années 2000, plus d'un jeune de 17 ans sur 10 confiait consommer du cannabis plus de dix fois par mois. Ils n'étaient plus que 6,5% à admettre un usage régulier en 2011 mais la tendance repart à la hausse. À en croire les questionnaires remplis par les 26 531 jeunes Français de 17 ans lors de la Journée d'Appel de Préparation à la Défense 2014, 9,2 % déclarent avoir fumé au moins 10 joints lors des 30 jours précédant l'enquête . À 17 ans, près d'un adolescent sur deux a essayé le cannabis au moins une fois. 

Au collège et au lycée

La consommation de cannabis ne se limite pas aux soirées festives et aux week-ends. À la sortie d'un collège-lycée de Nantes, il n'est pas un élève qui ne compte parmi ses camarades au moins un accro qui fume un pétard le matin avant les cours ou à la pause méridienne. 

"T'es endormi, t'écoutes pas, t'es pas concentré. Ça m'a niqué mon année" — un lycéen de seconde, fumeur de cannabis.

"Il doit y avoir un prof sur dix qui dit quelque chose" — une lycéenne de seconde, non-fumeuse

"Le cannabis ? Ça m'a niqué mon année" - Paroles d'ado

Prévention, répression : quelles actions ?

L'Etat consacre chaque année 450 000 euros à la prévention des addictions dans les Pays de la Loire. Les jeunes sont la cible prioritaires. 60 % des actions menées les concernent. La lutte contre la consommation de stupéfiants, mais aussi contre l'alcoolisation et le tabagisme font l'objet d'interventions en classe. Gendarmes et policiers sont mis à contribution. Les associations organisent des échanges entre élèves et infirmiers. Le discours laisse collégiens et lycéens sceptiques. "Ce n'est pas eux qui vont faire que l'on va arrêter de fumer", estime Marguerite, qui consomme du cannabis quotidiennement depuis la terminale. "On est déjà conscient des conséquences avant de commencer à consommer" , renchérit Abdel, qui vient d'entrer en seconde. 

La répression n'effraye pas davantage George. En terminale, des policiers l'ont surpris devant le lycée, un joint à la main. Il a eu le temps de se débarrasser de sa boulette de shit avant d'être appréhendé : les fouilles n'ont rien donné. Ce jour-là, George a pris conscience des risques auxquels il s'exposait. Mais très temporairement. "Ça m'a calmé pendant deux heures" , lâche George dans un grand sourire. "Le lendemain, j'avais déjà oublié"

Répression, prévention : quelle efficacité ?