Société

Droit à la cantine pour tous : la ville de Bordeaux a déjà assoupli les règles

France Bleu Gironde jeudi 12 mars 2015 à 18:09

Cantine scolaire
Cantine scolaire © MaxPPP

Les députés ont adopté hier la proposition de loi qui garantit l'accès de tous les enfants à la cantine scolaire. A Bordeaux, la ville ne pratique plus aucune restriction, après avoir été accusée en 2011 de ne pas vouloir inscrire les enfants de chômeurs.

L'accès à la cantine scolaire pour tous les enfants est  désormais garanti par la loi : l'Assemblée Nationale a adopté jeudi en premlière lecture la proposition de loi déposée par  Roger-Gérard Schwartzenberg, député radical de gauche. L'inscription à la cantine est donc reconnu comme un droit alors que certaines communes , par manque de places ou pour faire des économies, réservent  cet accès aux élèves dont les deux parents travaillent.

Le sujet avait fait polémique il y a 3 ans à Bordeaux. La ville avait alors été épinglée, comme 70 autres en France, accusée de ne pas vouloir inscrire les enfants des demandeurs d'emploi. La FCPE, la principale Fédération de Parents d'Elèves, avait alors parlé de discrimination , et menacé de porter l'affaire devant la justice. Depuis, la mairie de Bordeaux a assoupli les régles, et la plupart des parents ne rencontre plus de difficultés pour inscrire leur enfant, quel que soit leur situation professionnelle.

"Il y a quelques années, j'étais sans travail, mais j'avais besoin que mes enfants mangent à la cantine. Je n'avais pas eu la possibilité de les inscrire. Depuis, les régles ont changé, j'ai retrouvé un emploi , et j'ai besoin de les mettre deux jours par semaine à la cantine. Là, pas de problème. La situation avant était anormale, elle est revenue à la normale". Bertrand, parent d'élève à l'école Paul Bert, en centre-ville.

Sabine est arrivée en septembre à Bordeaux, et elle n'a eu aucun problème pour inscrire ses trois fils .

"Ils mangent tous les midis à la cantine, et je n'ai eu auicun problème pour les inscrire, même si je ne travaille pas. Ce n'est pas parce qu'on est mère au foyer qu'on n'a pas des choses à faire dans la journée, je trouve donc tout à fait normal qu'on les accueille comme les autres". Sabine, autre parent d'élève de l'école Paul Bert.

Et pour pouvoir satisfaire le maximum de demandes, la ville de Bordeaux doit organiser 3, voire 4 services le midi dans ses 99 écoles publiques.

Bordeaux , comme la plupart des autres communes de Gironde sont donc  rentrées dans les clous.La FCPE estime que le combat menée en 2011 a porté ses fruits.

"Le mercredi midi, il y a encore des restrictions à Bordeaux  mais globalement , l'égalité de traitement entre les parents est respectée. En revanche, certaines autres communes ont encore pour principe que les enfants dont les deux parents travaillent sont prioritaires, même si dans les faits, toutes les dérogations ou presque sont acceptées. " Stéphanie Anfray, présidente départementale de la FCPE en Gironde.

La principale Fédération de Parents d'Elèves se félicite du vote des députés.

"La loi permet de clarifier les choses. Une commune n'est pas obligée d'instituer une restauration scolaire, mais à partir du moment où ce service est mis en place, il doit être accessible à tous. IUl faut à présent poursuivre ce combat sur l'accueil péri-scolaire, où là aussi, il y a des restrictions, à Bordeaux comme dans d'autres communes de Gironde". Stéphanie Anfray.

 

"La loi vient reconnaîttre noir sur blanc l'obligation d''égalité de traitement "

 

La FCPE insiste enfin sur le fait que pour bon nombre d'enfants de familles défavorisées, le repas de midi pris à la cantine est parfois le seul repas équilibré.

"C'est normal que tous les enfants soient accueillis"