Société

A Druye, la possible installation de Primagaz ne fait pas que des heureux

Par Annabelle Wanecque, France Bleu Touraine lundi 3 avril 2017 à 6:00

Si Primagaz s'installe à Druye, une sortie spéciale pourrait être créée à partir de l'autoroute pour aboutir ici, devant la ferme de la Recoulière
Si Primagaz s'installe à Druye, une sortie spéciale pourrait être créée à partir de l'autoroute pour aboutir ici, devant la ferme de la Recoulière © Radio France - Annabelle Wanecque

L'une des activités de l'usine Primagaz de Saint-Pierre-des-Corps pourrait bien arriver à Druye d'ici quelques années. Des habitants se mobilisent pour empêcher le projet.

Primagaz doit quitter Saint Pierre des Corps dans les prochaines années et un site a été identifié pour accueillir l'une de ses activités, à savoir une cuve de 400 mètres cube. Ce site se trouve à Druye, petite commune de 980 habitants, à une vingtaine de kilomètres de Tours.

Le projet avait été présenté en juin dernier lors d'une première réunion publique. Un nouveau projet a été présenté il y a dix jours lors d'une deuxième réunion publique, réunion houleuse, beaucoup d'habitants ne voulant pas entendre parler de la future installation de Primagaz chez eux. Si le projet aboutit, l'usine classée "Seveso seuil bas" s'installerait sur dix hectares entre l'A85 et la voie ferrée Tours/Chinon. Et pour la desservir, une sortie spéciale serait créée à partir de l'autoroute, pour aboutir pile devant le portail de l'éleveur céréalier Jean-Pierre Brosset, très inquiet du futur trafic devant chez lui.

"C'est la circulation qui nous inquiète. Nos engins sont assez larges. On ne sera pas libres" - Jean-Pierre Brosset, éleveur céréalier

Pour cette autre habitante, les riverains ont beaucoup à perdre dans ce projet. "Les gens qui veulent vendre vont se retrouver avec des acheteurs qui, sachant que le site est à côté, vont négocier les prix et c'est normal".

Elle a aussi peur d'une possible explosion. Le périmètre de sécurité de 300 mètres autour du site comprend, et la voie ferrée, et l'autoroute. La maire Corinne Chailleux reconnait que le risque 0 n'existe pas, mais elle parle de risques limités.

"Les voitures sont équipées de verres Securit, elles vont se zébrer mais elles ne vont pas se casser. Ca ne provoquera pas de réaction en chaîne" - Corinne Chailleux, maire de Druye

Elle met aussi en avant la compensation financière que va recevoir sa commune, 50 000 euros par an, alors que son budget d'investissement est de 100 à 120 000 euros. Une somme avec laquelle elle envisage un centre de loisirs ou des actions pour les personnes agées.

"Ce n'est pas négligeable mais ce n'est pas que le côté financier qui a mis le poids dans la balance. Il ne faut pas dire que le maire a vendu sa commune pour 50 000 euros !" - Corinne Chailleux, maire de Druye

Les opposants à ce projet demandent l'organisation d'un référendum, leur pétition a déjà recueilli 300 signatures.

Le site en question a été validé par le conseil municipal de Druye, la direction de Primagaz et les services de la préfecture. Mais il y a encore beaucoup d'étapes à franchir avant que l'usine ne voit vraiment le jour. Des études techniques vont maintenant être menées, elles vont durer entre dix mois et un an. Si elles démontrent la faisabilité du projet, ce sera ensuite le temps de l'enquête publique. La maire assure que si le commissaire enquêteur se prononce finalement contre ce projet, si une majorité d'habitants démontrent leur opposition, elle "ira dans le même sens". Si le projet va quand même à son terme, il devrait de toute façon naitre avant fin 2021, date à laquelle Primagaz s'est engagé à quitter son site de Saint-Pierre-des-Corps.