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Du faux bio dans les cantines de certaines écoles parisiennes ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris

Des parents d'élèves du 18e arrondissement de Paris ont constaté dernièrement une tromperie sur de la viande de veau servie aux enfants à la cantine. Ce collectif accuse la société Sogeres, en charge de la restauration dans cet arrondissement, d'être coutumière du fait.

Les assiettes servies dans les cantines des écoles du 18e arrondissement de Paris
Les assiettes servies dans les cantines des écoles du 18e arrondissement de Paris - Image de la page facebook "Les enfants du 18 mangent ça"

A la veille de l'ouverture du salon de l'Agriculture, notre alimentation et en particulier celle de nos enfants est au cœur des préoccupations. Dans le 18e arrondissement de Paris, des parents ont créé en 2017 un collectif qui décortique les assiettes des élèves. Début février, ils ont dénoncé sur les réseaux sociaux le "Veau Gate", une tromperie sur un sauté de veau bio qui n'en était pas.

"Produits ultra-transformés"

Anne Renaudie, maman parisienne membre de ce collectif "Les enfants du 18 mangent ça" était l'invitée de France Bleu Paris vendredi. 

"Nos enfants mangent des assiettes concoctées par la société Sogeres, filiale de Sodexo. Le maire du 18e Eric Lejoindre a décidé depuis longtemps de déléguer complètement le service de restauration scolaire au privé alors que c'est sa prérogative première. Et les enfants mangent énormément de produits ultra-transformés, industriels, de bio venant d'Espagne, dans des quantités inadaptées, des repas pas conformes aux menus affichés."

Il faut dire qu'en terme de bio, sur le papier, le 18e est extrêmement bien loti. Mais le collectif n'y croit pas.

Une pratique courante

"Comme nous avons pu le démontrer à plusieurs reprises, quand il est écrit bio ce n'est pas forcément du bio dans l'assiette. Nous l'avons encore constaté il y a deux semaines avec un veau estampillé bio qui n'était pas bio et qui venait d'Allemagne. Nous avons vérifié les étiquettes dans les poubelles, et des cuisiniers nous l'ont confirmé à demi-mot, c'est qu'il une pratique courante de mélanger deux paquets de viande française bio avec de la viande venue de Roumanie ou du Brésil."

Anne Renaudie reconnaît que "ça va dans le bon sens" : de plus en plus de collectivités locales s'efforcent de proposer des produits bio et locaux, à l'image de l'annonce cette semaine du Conseil régional d'Ile-de-France pour les lycées. Mais selon elle, "il faudrait que les maires contrôlent quotidiennement les sociétés privées, qui sont là pour faire de l'argent. La responsabilité des maires c'est de faire en sorte que le cahier des charges soit appliqué."

25 millions de repas sont servis chaque année dans les cantines des écoles de la ville de Paris.

Eric Lejoindre, maire du 18e arrondissement répond aux parents 

"Tout d’abord, le Maire Eric Lejoindre dément avoir tenu les propos qui lui sont prêtés par Anne Renaudie pour qualifier les parents d’élèves intéressés par ce que mangent leurs enfants à la cantine, qu’il respecte. Il demande le même respect pour sa parole et son engagement à faire progresser le service de restauration municipale dans le 18e arrondissement.

En 2018, le comité de la Caisse des Ecoles (CDE), organisme public indépendant sous la présidence du maire gérant les cantines, a fait le choix de poursuivre la gestion en délégation de service public. De la même façon, il a collégialement choisi, à l’issue d’une mise en concurrence, l’entreprise SOGERES comme délégataire, étant le plus à même de répondre à l’exigence de servir 14 000 repas quotidiens, avec des contrôles sérieux et une fiabilité des procédures. Aujourd’hui, le 18e sert des repas avec 83% d’alimentation durable, 60% de bio, 60% de produits bruts, les produits ultra-transformés étant interdits. Le cahier des charges qui lie la CDE du 18e à la SOGERES est le plus exigeant de Paris. Les menus sont composés avec des nutritionnistes, et les quantités servies respectent strictement les recommandations. Trois contrôles surprise sont réalisés chaque mois dans les cantines par un cabinet de conseil indépendant (volet sanitaire, qualité des produits, respect du cahier des charges). Par ailleurs, le Maire du 18e rappelle que tous les parents d’élèves peuvent déjeuner à la cantine, sur inscription auprès du directeur ou de la directrice de l’école, une semaine avant leur venue (pour des raisons de commande des repas).

Au cours du premier semestre 2019, une grande concertation a été menée avec les parents et plus largement toute la communauté éducative. A l’issue, la municipalité du 18e a pris des engagements qui conduisent Eric Lejoindre à proposer pour le prochain mandat la municipalisation de la cantine, le passage à 100% de produits bios rendu possible par la création par la Ville de Paris de AgriParis, une régie agricole permettant de nouer des accords avec des agriculteurs du bassin grand-parisien pour de l’achat direct ; et la construction de cuisines de proximité pour permettre les liaisons chaudes.

Concernant le manquement au contrat révélé en janvier dernier, il est à noter que le veau non français et non bio, non conforme au cahier des charges mais pas impropre à la consommation, n’a pas été servi aux enfants. Il a été remplacé par de la viande charolaise Label Rouge. Les enfants ont donc toujours mangé des produits bio lorsque ceux-ci étaient prévus au menu. Par ailleurs, tout manquement au contrat qui lie la Caisse des Ecoles du 18e à la SOGERES fait l’objet de pénalités imposées à l’entreprise."

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