Société

Soupçons de maltraitance : l'archevêque de Bourges "déçu et surpris" après la fermeture d'une école catholique

Par Adèle Bossard, France Bleu Berry samedi 3 juin 2017 à 20:44

Armand Maillard, archevêque de Bourges depuis 2007, ici en 2016.
Armand Maillard, archevêque de Bourges depuis 2007, ici en 2016. © Maxppp - /NCY

L'archevêque de Bourges réagit aux soupçons qui pèsent sur l'école catholique de l'Angélus, située à Presly dans le Cher. Une enquête a été ouverte pour des soupçons de maltraitance et d'agressions sexuelles. Armand Maillard se dit "ému et déçu" mais refuse de prendre position pour le moment.

L'archevêque de Bourges réagit sur France Bleu Berry aux soupçons qui pèsent sur l'institution de l'Angélus dans le Cher. S'il se dit surpris, ému et déçu, il refuse pour le moment de condamner les faits présumés et le directeur de l'école, l'abbé Spinoza. Une enquête a été ouverte vendredi 2 juin par le procureur de Bourges pour des "soupçons d'agression de nature sexuelle" et de maltraitance à l'institution catholique Angélus de Presly, dans le Cher, entre Vierzon et Aubigny-sur-Nère. Une perquisition a été menée vendredi dans cet établissement hors contrat avec l'Etat, à la suite de plusieurs témoignages recueillis par l'inspecteur d'académie, qui a donné l'alerte.

L'archevêque de Bourges réagit sur France Bleu Berry aux soupçons qui pèsent sur l'institution de l'Angélus située à Presly dans le Cher.

"Je suis quand même ému et déçu parce que ça touche à une école donc ça veut dire que ça touche des enfants, des jeunes, des familles concernées...", réagit dans un premier temps Armand Maillard, archevêque de Bourges depuis une dizaine d'années, avant de tempérer : "Ma position pour l'instant c'est d'attendre que l'enquête soit conclue. Car il ne faut pas non plus qu'on se projette en justicier. Je suis prêt à tout si c'est fondé".

Dans sa conférence de presse vendredi soir, après les perquisitions et après avoir entendu une soixantaine d'enfants, le procureur de Bourges a pourtant évoqué à la fois des violences, des privations de repas, des punitions à caractère corporel et des soupçons d'infractions de nature sexuelle. "Tout de suite le gros mot "agression sexuelle" qui est quand même très lourd dans le climat actuel dès qu'on parle des prêtres, reprend Armand Maillard. Mais je ne dis pas que ce n'est pas grave. Il faudra voir".

L'Angélus reconnue "école catholique" en 2016 par le diocèse de Bourges

Il y a un an tout juste, en juin 2016, Armand Maillard a signé au titre du diocèse de Bourges la reconnaissance de cette institution de l'Angélus comme une "école catholique", "dispensant une éducation imprégnée d'esprit chrétien" :

Le document attestant la reconnaissance de l'Angélus comme école catholique par le diocèse de Bourges. - Aucun(e)
Le document attestant la reconnaissance de l'Angélus comme école catholique par le diocèse de Bourges. - Capture d'écran site internet de l'Angélus.

"Ce n'est pas parce qu'on est catholique qu'on est parfait, explique Armand Maillard. Je me suis intéressé à cette école avant de la reconnaître comme école catholique. On l'a fait au terme d'un processus. Et elle a été reconnue alors qu'il n'y avait eu aucune remarque d'aucun parent". Depuis, l'archevêque de Bourges dit avoir eu vent de deux à trois remarques de parents, mais qui ne sont jamais venus directement vers lui. Par ailleurs, dès vendredi soir, il s'est entretenu avec le directeur de l'école, l'abbé Régis Spinoza, mais refuse d'en dire davantage sur la teneur de leurs échanges.