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ECOUTEZ - Mon village confiné, l'agriculteur : "Je suis positif mais j'espère que ma ferme va tenir le choc"

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Le Russey, commune de presque 3 000 habitants du Doubs en Franche-Comté, située à quelques kilomètres de la frontière suisse, est reclus sur lui-même depuis le 15 mars. Portrait de cinq de ses habitants et de leur quotidien de confiné. Aujourd'hui, paroles de Florian Ligier, agriculteur.

Florian Ligier vit à Bonnétage, petite commune du Doubs juste au nord du Russey, collée à la frontière suisse. Autour de sa ferme, il y a des montagnes et des prairies vertes sur lesquelles viennent brouter ses vaches. Depuis le début du confinement le 15 mars, son quotidien n'a que peu changé par rapport à avant. "Je me lève toujours à la même heure, tôt pour aller soigner les animaux, traire. Ensuite on va faire les travaux des champs et c'est la même chose l'après-midi. Épandage, travaux des champs, réparation des clôtures" raconte l'agriculteur.

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Un quotidien réglé pour continuer de faire tourner sa ferme mais avec quelques changements forcément, étant donné le contexte. "Mes enfants ne vont plus à l'école, puisqu'elle est fermée. Alors, avec ma femme, on les garde ici à la maison", explique Florian Ligier. "Ma femme ne travaillant plus, c'est souvent elle qui les prend en charge le matin puis je prends le relais l'après-midi". L'agriculteur emmène alors son fils âgé de 6 ans et "l'emmène sur le tracteur pour lui faire faire un tour. Puis on va voir son grand-père, tout en respectant les distances de sécurité. Ils sont contents", sourit-il. 

Moins de comté, moins de lait, moins de vaches

Florian Ligier tient une exploitation de vaches laitières. Lait qui est ensuite utilisé pour fabriquer du Comté, le fameux fromage de la région. Mais depuis le début de la crise, la filière Comté doit s'adapter : le CIGC (Comité Interprofessionnel de gestion du Comté) a décidé de réduire de 8% la production de lait pour les mois à venir. Compliqué pour une filière qui s'attendait à une année 2020 "prometteuse", selon Alain Mathieu, président de la CIGC, en janvier dernier. Depuis le début de la crise, les vents de comté ont chuté d'au moins 20%

On nous a demandé de baisser la production de 100 litres

Alors pour baisser la production de comté, il faut réduire celle de lait. "On nous demandé de baisser la production de 100 litres par rapport à l'année dernière, sachant que l'on produit 1200 litres. Pour y arriver on a plusieurs options et parmi elles c'est de vendre des vaches. Mais c'est compliqué parce que le printemps est une période où produire du lait est facile. Etant donné qu'il y a plus d'herbe au printemps, les vaches en broutent plus", déplore Florian Ligier. 

"On fait face aux aléas climatiques et sanitaire régulièrement, on relativise"

Entre la baisse de production et donc la baisse de revenue attendue dans les prochains mois, Florian Ligier veut rester optimiste. "Sur nos exploitations, on a l'habitude d'avoir des aléas climatiques, sanitaires aussi alors on relativise. J'espère seulement que mon exploitation sera assez solide pour tenir le choc. Je suis de nature optimiste, on va s'en sortir et tirer des leçons de tout ça. Il faut juste que ça ne dure pas trop longtemps pour qu'on puisse vendre."

ECOUTEZ toute la série “Mon village confiné” au Russey :

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