Société

EDITO - Des transports gratuits les jours de forte pollution, c'est une bonne idée ?

Par Jean-Laurent Bernard, France Bleu vendredi 14 mars 2014 à 7:34

Tous les jours, Jean-Laurent Bernard, le rédacteur en chef de France Bleu Provence, réagit à un fait d'actualité. Retrouvez son édito.

Oui, c'est surtout parfait en période électorale et très contestable quant à l'efficacité. D'abord le mot gratuit n'existe pas, il faudra toujours payer pour ces fameux transports en commun. Donc nous paierons. Ensuite, c'est toujours le syndrome de Tchernobyl. Le nuage va s'arrêter aux portes de Paris puis Rouen puisque c'est décidé ainsi. Comme si la pollution n'existait pas jusqu'à ce matin avant de disparaître mystérieusement pour mieux revenir la semaine prochaine quand la gratuité sera terminée. Le vrai courage aurait été d'interdire la circulation sauf cas d'urgence. Mais l'addition serait alors faramineuse et le coût électoral catastrophique. Donc autant prendre une décision supposée populaire en attendant que la météo change et se charge de disperser les polluants. Aucun plan sérieux n'existe pour changer de comportement les jours de pollution. Et ce n'est pas pour demain. Malgré les jérémiades des écologistes jamais en retard pour donner de la voix en espérant ainsi exister. Nicolas Sarkozy président avait joyeusement tourné le dos à l'écologie via un Grenelle de l'environnement consciencieusement vidé de ses contraintes. François Hollande successeur a promis mais rien fait. Bilan nous polluons. En nous défaussant de temps en temps sur Bruxelles qui ne manque jamais une occasion de rappeler à la France ses manquements et ses insuffisances. De la Bretagne polluée aux nitrates jusqu'à l'île de France saturée de tout en passant par le sud-est bétonné, notre pays s'est construit une série de lourdes calamités. Circuler gratuitement dans les transports en commun n'y changera rien. Le mal est trop profond.

Edito. Des transports gratuits les jours de fortes pollutions, est-ce une bonne idée ?