Société

Edito - Drôle de semaine pour François Hollande

Par Jean-Laurent Bernard, France Bleu lundi 21 avril 2014 à 8:09

Tous les matins retrouvez le billet de Jean-Laurent Bernard, un regard aiguisé sur l'actualité.

Quand on voit l’état désastreux de sa cote de confiance, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est facile et agréable d’être président de la république pour accueillir au pied d’un hélicoptère 4 journalistes revenus libres de la guerre en Syrie. Cela n’enlève rien au travail souterrain et patient effectué sous son autorité pour conduire à ce dénouement heureux pour les otages. Avec en prime les remerciements des journalistes à son égard, reconnaissons qu’il ne lui arrive pas souvent d’entendre des gentillesses de la part des journalistes.Quelques heures auparavant, François Hollande avait usé d’un cynisme très politique pour dire qu’il ne se voit pas candidat en 2017 si la courbe du chômage ne s’inverse pas. Alors que ce sont deux choses très différentes.Il a été élu pour endiguer le chômage et redresser l’économie du pays, évoquer sa candidature et son éventuelle réélection ne fait que confirmer à haute voix que lui aussi ne pense qu’à ça. Une réussite sur l’emploi n’obligerait en rien les électeurs à le maintenir président. Troisième évènement de cette drôle de semaine, l’éviction de son conseiller, Aquilino Morelle, soupçonné de conflits d’intérêts. En mélangeant les métiers et surtout les salaires, ce proche du président témoigne par son comportement suspect que même au plus haut niveau on ne se soucie guère de la parfaite probité de celles et ceux qui sont amenés à influencer les décisions de nos élus.C’est désespérant. Qu’un président soit capable de diriger des opérations secrètes en prenant d’importantes décisions pour libérer des otages et se fasse apparemment avoir par le premier conseiller pris les doigts dans le pot de confiture, n’est pas rassurant. Inquiétant même. La république vertueuse a encore pris un coup de vieux.

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