Société

EDITO - L’impopularité record du président de la République est-elle inquiétante ?

Par Jean-Laurent Bernard, France Bleu lundi 14 avril 2014 à 7:19

Tous les matins retrouvez le billet de Jean-Laurent Bernard, un regard aiguisé sur l'actualité.

Non pas vraiment, pour au moins une raison, c’est Manuel Valls qui est aux commandes. A lui de faire le job et d’obtenir des résultats. S’il réussit, mécaniquement François Hollande en profitera. Nous n’en sommes pas là, les 18% de satisfaction que recueille désormais le chef de l’état témoignent du double échec de François Hollande. Il n’a pas su capitaliser au lendemain de son élection le rejet massif des années Sarkozy. En clair il n'a pas vraiment été élu par la conviction enthousiaste d’un électorat de gauche mais surtout parce que le président Sarkozy était devenu insupportable pour une majorité d’électeurs. Second échec, l’improvisation dramatique de sa politique économique. Un refus d’admettre les évidences comme l’état réel de la France ou l’impitoyable mondialisation qui nous taille des croupières tous les jours. Il aurait fallu réformer tout de suite au lieu de tergiverser. Bilan François Hollande a perdu sur tous les fronts, à sa gauche comme à sa droite et il a épuisé son premier ministre Jean-Marc Ayrault dans un immobilisme stupéfiant. Les 18% de satisfaction sont presque de l’indifférence. C’est terrible pour le chef de l’état qui se retrouve presque mis entre parenthèses. Comme si les français n’attendaient pas grand chose de lui. Un président d’honneur en quelque sorte. Que l’on appelle pour les inaugurations. Sa voix est aujourd’hui inaudible, pire, elle n’intéresse pas. Comme un symbole de l’extrême lassitude des électeurs dès que la classe politique affirme qu’elle agit dans l’intérêt de tous. On est passé du doute au rejet. Puis du rejet à l’abstention. Comme si l’essentiel était ailleurs.

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