Société

EDITO - La gauche défaite, la droite dans un fauteuil et le FN incontournable. Que peut faire François Hollande ?

Par Jean-Laurent Bernard, France Bleu lundi 31 mars 2014 à 7:11

Tous les matins retrouvez le billet de Jean-Laurent Bernard, un regard aiguisé sur l'actualité.

D'abord mettre de l'ordre. La cacophonie socialiste de ses dernières heures entre les partisans d'un changement presque complet de politique et les défenseurs du maintien de la stratégie actuelle contribue à la sévérité de la défaite. Le président de la république est aujourd'hui à la tête d'un pays qui le rejette massivement, qui lui reproche son illisibilité, son absence de résultats et sans doute le plus grave, une erreur dramatique d'analyse sur l'état réel de l'opinion publique. Il faut s'inquiéter d'urgence sur ces citoyens qui n'ont même plus envie de dire ras le bol, de traduire leur colère par un bulletin de vote. Ils tournent le dos aux urnes et ne veulent même plus en entendre parler. Comme s'ils étaient sortis du champ de la démocratie. C'est eux et d'abord eux qui ont marqué cette élection. Ensuite il y a tous les ingrédients qui ont conduit à l'échec. En se trompant d'adversaire, le Front National plutôt que l'UMP, le PS prend une gifle en perdant un nombre énorme de villes et il en reprend une en voyant le Front National maire d'une bonne quinzaine de villes. Défait localement, rejeté nationalement, certes on peut toujours penser que le monde entier à tort mais vient un moment où il faut se décider à être responsable. Avoir le sens de l'intérêt supérieur du pays ne justifie pas de se tromper chaque matin au point d'entrainer dans la déroute nombre de maires de gauche qui n'avaient pas forcément démérité. Finalement les socialistes doivent débuter leur inventaire en allant chez un ophtalmologiste pour mieux voir et un ORL pour mieux entendre. Mais apparemment, la maladie est sérieuse.

Edito. Que peut faire Hollande ?