Société

EDITO - Le mensonge est-il nécessaire en politique ?

Par Jean-Laurent Bernard, France Bleu mercredi 12 mars 2014 à 7:20 Mis à jour le jeudi 13 mars 2014 à 5:40

Tous les jours, Jean-Laurent Bernard, le rédacteur en chef de France Bleu Provence, réagit à un fait d'actualité. Retrouvez son édito.

Officiellement non bien sûr. Il peut même se terminer devant les tribunaux. Ou au moins par une démission comme pour Jérôme Cahuzac. Hélas, l'important n'est pas de mentir mais de ne pas se faire prendre. Dans l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy personne ne peut croire un instant que le chef de l'état et plusieurs ministres n'étaient pas au courant. On serait presque tenté de dire que cela relèverait de la faute professionnelle. Dans cette comédie du pouvoir où tout le monde se tient par la barbichette, il faut juste cesser un instant de nous prendre pour de doux innocents béats devant la parole publique. Quand on pense que sur toutes les grandes affaires, le juge d'instruction n'a pas rangé son stylo que le compte rendu est déjà dans la presse. Il y a belle lurette que l'électeur ne s'étonne même plus de ce flot ininterrompu de bassesses. Nous aimerions nous en laver les mains en renvoyant les uns et les autres dos à dos mais ce serait inefficace. La seule solution est de persévérer dans nos exigences. Ne pas lâcher les tricheurs une seconde et demander de l'exemplarité dans les sanctions. Ce petit monde sait se protéger et a tous les moyens techniques et financiers pour ralentir des années durant la recherche de la vérité. Les années Mitterrand puis Chirac ont été un modèle du genre dans ce domaine. La question est moins de savoir si un ministre ment sur ce qu'il sait que sur les comptes que doivent rendre celles et ceux qui ont usé et abusé de leur position pour profaner leur mandat et nous oublier.

Edito. Le mensonge est-il nécessaire en politique ?

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