Société

EDITO - Seule la justice pourra désormais décider de l'avenir de Vincent Lambert

Par Jean-Laurent Bernard, France Bleu mercredi 12 février 2014 à 7:20 Mis à jour le vendredi 14 février 2014 à 5:40

Tous les jours, Jean-Laurent Bernard, le rédacteur en chef de France Bleu Provence, réagit à un fait d'actualité. Retrouvez son édito.

Ce qui en soi n'est pas scandaleux. Notre république est organisée pour que la justice intervienne à chaque fois que nécessaire notamment pour trancher les litiges. Mais c'est vrai que l'on est gêné de savoir qu'un collège de juges devra en définitive choisir la vie ou la mort de Vincent Lambert. Une responsabilité écrasante sans doute mais pas plus lourde que celle de la famille ou des médecins. Dès le moment ou une entente s'avère impossible entre les parties présentes dans la chambre d'hôpital de Vincent Lambert, que faire d'autre. Cela témoigne tout autant de la complexité dramatique de ces situations et des blocages qui continuent de ralentir de nécessaires évolutions. Il ne s'agit pas d'euthanasie ou de suicide assisté qui deviendrait la référence ordinaire pour les fins de vie. On sait bien que cela ne représente que quelques cas chaque année, la plupart du temps, la décision se prend ensemble lorsque l'heure d'accompagner est venue. Les néerlandais puis les belges avancent plus vite que nous, ils ne sont pas moins respectables et responsables de leurs choix. Qui pourrait faire croire à une banalisation au prétexte que la loi répondrait mieux encore à l'infinie douleur de ces morts conduites par des vivants. Les juges du conseil d'état ne pourront faire qu'une partie du chemin. Ils ne tairont ni les doutes ni les pleurs. C'est simplement une avancée supplémentaire. Qui permettra au fil des ans au mourant et à son entourage familial et médical, un tout petit moins de solitude.

Edito. Seule la justice pourra désormais décider de l'avenir de Vincent Lambert