Société

Éducation : un directeur d'école sur deux a déjà été agressé par des parents d'élèves

Par Julie Guesdon, France Bleu mardi 29 avril 2014 à 12:18

École (illustration)
École (illustration) © MaxPPP

Les relations entre les directeurs du primaire et les parents d'élèves ne sont pas vraiment au beau fixe. Ce mardi, le Parisien publie les résultats d'une étude réalisée auprès de 4.000 directeurs d'écoles primaires et maternelles. Des résultats qui illustrent un sentiment latent de méfiance entre le corps enseignant et les parents.

Les directeurs d'écoles primaires et maternelles auraient-ils peur des parents ? Dans une étude publiée mardi 29 avril par le quotidien Le Parisien, un expert du monde de l'éducation, Georges Fotinos dévoile qu'un directeur d'écoles primaires ou maternelles sur deux affirme avoir déjà été agressé physiquement ou verbalement par des parents d'élève. 

"Les parents ne savent pas comment aider leurs enfants à la maison"

L'étude se base sur un questionnaire transmis aux 4.000 directeurs des établissements scolaires du primaire sur l'année 2012-2013. Et les premiers résultats dressent un portrait mitigé de leur ambiance de travail. Au premier abord, le climat est "plutôt bon" pour une majorité des personnes sondées. Pourtant, 40,3 % des directeurs jugent que les relations avec les parents d'élèves sont plus de l'ordre de la "méfiance", voire de la "défiance" que de la confiance. Six directeurs sur dix parmi les répondants estiment que les parents "ne savent pas ce qu'il faut faire pour aider leurs enfants à la maison".

Surtout, le Parisien relève que 49 % des directeurs, sur l'année scolaire 2012-2013, ont été agressés verbalement ou physiquement par les parents d'élèves. (Dans le détail, 22,6% l'ont été au moins une fois, 13,8% au moins deux fois, 12,3% au moins trois fois et 0,3% au moins quatre fois). Parmi les types d'agressions les plus fréquents, le harcèlement se place en tête, avec 38,6% des cas de figure. Viennent ensuite les menaces (26,7%), les insultes (23,1%) et en dernier les coups, en proportion moindre avec 0,7% des cas.

Les écoles peuvent-elles encore punir les enfants ?

Comment expliquer ces agressions ? Selon l'étude, les différends surviennent après la punition de l'enfant (53,3%), après un incident entre plusieurs élèves - et un éventuel soupçon de défaut de surveillance - (45,4%), après une succession de mauvais résultats ou les difficultés scolaires d'un élève (33,1%) ou en cas de désaccord entre le parent d'élève et le directeur sur le déroulement de la scolarité (25%).