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Santé – Sciences

"Effet m'hair", un lieu atypique à Auxerre pour aider les malades du cancer à trouver leur perruque

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Par , France Bleu Auxerre

Viviane Leconte a ouvert, il y a neuf ans,"Effet m'hair", une boutique où elle conseille des malades du cancer dans le choix de leur perruque.

Viviane Leconte, la propriétaire de la boutique, et Karène Landre, une de ses clientes.
Viviane Leconte, la propriétaire de la boutique, et Karène Landre, une de ses clientes. © Radio France - Najat Essadouki

Auxerre, France

De l'extérieur, l'endroit ressemble davantage à un salon de thé qu'à une boutique de prothèse capillaire. Une fois entée, l'impression est la même : un cadre chaleureux et coloré. Sur les présentoirs : des foulards, des bonnets et des perruques pour tous les goûts. "J'ai envie qu'on se sente bien ici. D'abord on prend un café, on échange, on prend notre temps. On parle perruque bien plus tard. Il faut prendre son temps. Je sais, je l'ai vécu", raconte Viviane Leconte. 

Premier cancer féminin

C'est la première cause de décès par cancer pour les femmes. Chaque année, 59 000 nouveaux cas de cancer du sein sont détectés en France. "J'étais tellement révolté de savoir que j'avais cette maladie, au réveil de mon opération, après l'ablation d'un sein, j'ai eu un déclic : j'ai dit je ferai quelque chose". Une envie que Viviane Leconte a concrétisé en 2011. En rémission, après son cancer du sein, elle décide d'ouvrir cette boutique pour aider les femmes à se sentir mieux.

"Quand on n'a plus de cheveux, plus de sourcils, c'est le moment le plus dur de la maladie" - Viviane Leconte

Viviane se souvient le moment où, malade, elle a commencé à perdre ces cheveux. "On se voit dans la glace et là on se prend une grosse claque, on se dit la maladie est vraiment là. Quand on n'a pas plus de cheveux, plus de sourcils c'est le moment le plus dur de la maladie", se souvient Viviane.

Pour de nombreuses femmes, prendre la décision de porter une perruque est une étape importante pour se sentir mieux. Mais encore faut-il bien la choisir et apprendre à la mettre. C'est là, où Viviane intervient. Elle dédramatise l'évènement, explique, fait essayer, raconte sa propre expérience : "Il est important avec la perruque de se sentir comme avant la maladie. Quand on commence à perdre nos cheveux, on a peur du regard des autres. On a pas envie d'entendre "oh la pauvre elle est malade". On veut vivre normalement sans qu'on nous prenne en pitié."

Certaines femmes anticipent pour ne pas se sentir désemparé le jour où elle commence à perdre leurs cheveux. Dix jours après son quarantième anniversaire, en mai 2018, Karène Landre, aide médico-psychologique, a appris qu'elle souffrait d'un cancer du sein. "Je quittais mon travail. J'étais dans le vestiaire pour enlever mes vêtements de travail et remettre mes habits civils et puis en remettant mon sein dans mon soutien-gorge, j'ai senti une grosseur". Karène décide de consulter rapidement: "_le monde s'effondre et tout s'enchaîne_. Il faut l'annoncer aux enfants, commencer la chimio et la radiothérapie, arrêter de travailler."

"Ici on rit et on pleure aussi. On pleure de joie aussi comme quand Viviane m'a installé la perruque." - Karène Landre

Pour cette mère de famille auxerroise de 40 ans, qui élève seule ses deux enfants, la perte des cheveux fut un choc: "c'était violent, je me suis réveillée un matin et là je perdais mes cheveux par poignée. J'ai appelé Viviane pour anticiper, avoir une solution avant de perdre tout mes cheveux." Vivianne Leconte l'aide alors à choisir une perruque, l'écoute : "ici on rit et on pleure aussi. On pleure de joie aussi comme quand Viviane m'a installé ma perruque pour la première fois." 

"Quand mes clientes ressortent de la boutique et qu'elles ont le sourire, qu'elles disent "vous m'avez redonner le moral" pour moi c'est le bonheur", explique Viviane Leconte. Viviane comme Karène tiennent à rappeler l'importance du dépistage. "ll ne faut pas attendre d’avoir 50 ans pour se faire contrôler. Cette maladie touche aussi les femmes plus jeunes. Mon exemple est parlant.Je conseille à tout le monde de consulter, de ne pas attendre, il ne faut pas avoir peur", plaide Karène Landre. Aujourd'hui, guérit la mère de famille a retrouvé une vie normale.

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