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Société

Égalité hommes-femmes en Haute-Garonne : trop d'écart de salaires, et trop de temps partiels subis

jeudi 8 mars 2018 à 9:01 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

En cette Journée des Droits des Femmes, France Bleu Occitanie a invité la conseillère déléguée à l'égalité entre les hommes et les femmes au Conseil Départemental de la Haute-Garonne. Écarts de salaires, temps partiels, représentation politique, le Département a étudié à la loupe les données.

Série de photos du "chantier" égalité Hommes/Femmes réalisées en octobre par France Bleu, en Mayenne.
Série de photos du "chantier" égalité Hommes/Femmes réalisées en octobre par France Bleu, en Mayenne. © Radio France - Philippe Guitton

Haute-Garonne, France

Le Département de la Haute Garonne a publié un rapport 2017 sur l'égalité entre les hommes et les femmes.  Un recueil de données départementales qui permettent de mesurer l'importance de certains phénomènes sociologiques à l'échelle de la Haute-Garonne, et les formes de discriminations dont souffrent les femmes. Christine Stébenet, la conseillère départementale en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes était l'invitée de France Bleu Occitanie ce jeudi.

Christine Stébenet, conseillère départementale de Haute-Garonne, en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes. - Radio France
Christine Stébenet, conseillère départementale de Haute-Garonne, en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes. © Radio France - Alban Forlot

L'INVITÉE EN UN CLIC - C. Stébenet, avec B. Dupont (6'08'')

Bénédicte Dupont : Premier chapitre: les écarts de salaires. 24%, contre 19% au niveau national. Les haut-garonnaises et les haut-garonnais gagnent plus que les françaises et les français, mais l'écart entre les deux sexes est plus élevé chez nous. Pourquoi ?

Christine Stébenet : Nous avons été surpris en effet. C'est un département très divers, entre la Métropole et le territoire péri-urbain et montagnard. Cela montre l'ampleur du travail à réaliser. Dans les milieux des start-ups, paradoxalement, c'est moins équitable qu'ailleurs car ce sont des petites entreprises, avec des entrepreneuses, dans un univers très individualiste où les hommes se vendent plus que les femmes. Il faut qu'on aide les jeunes filles qui rentrent sur le marché du travail à mieux revendiquer un salaire à hauteur de leurs capacités.

Les start-ups, les économies émergentes, paradoxalement, ne montrent pas l'exemple.

Le gouvernement veut supprimer d'ici trois ans l'écart salarial à poste équivalent (de 9%). Qu'en pensez-vous ?

Enfin ! Cette histoire, elle date de 1972, il y a une loi qui impose l’égalité salariale à poste égal. Pourquoi ça n'a jamais été mis en place ? On a laissé faire avec les idées pré-conçues : les hommes travaillent mieux que les femmes, si elles ne se plaignent pas, c'est que ça leur va. Il faut sanctionner financièrement les entreprises puisque la loi existe, il y a une égalité de papier mais pas de fait. Si les entreprises ont une obligation de transparence, elles devront montrer patte blanche, sinon tout le monde saura qu'elles ne paient pas les femmes comme les hommes.

C'est un sujet parallèle : les temps partiels. Dans le rapport du CD31, il est noté que parmi les françaises actives, seul 1.2% ont un temps partiel, elles sont 13% en Haute-Garonne, 3.5% en Occitanie. Pourquoi cet écart ?

C'est à cause de la nomenclature,  beaucoup d'emplois sont concentrés sur la métropole toulousaine, il faut rééquilibrer les bassins industriels sur le territoire. Les femmes haut-garonnaises sont plus diplômées que les hommes, mais elles sont plus au chômage et plus précaires car elles prennent plus de temps partiels. Il y a le temps partiel souhaité, et le temps partiel subi.

Faut-il rendre par exemple le congé paternel* obligatoire, comme on l'entend récemment (NDLR :* 11 jours, instauré en 2002)?

Oui, pour obliger les hommes à toucher du doigt ce que c'est de s'occuper d'un enfant à bas âge, ce qu'est la charge mentale, quand les femmes s'occupent de tout à la maison, en plus du travail. Il faut passer par la loi, quand de fait les choses ne se passent pas spontanément. Les schémas se reproduisent, ça n'est pas une question de bons ou méchants.

Au Département, les délégations confiées souvent aux femmes ont été données aux hommes. Et inversement.

Et en politique ? On a instauré la parité dans les collectivités territoriales. Vous souvenez-vous que tout le monde n'y était pas favorable au départ ?

Tout changement fait peur, certains disent "en tant qu'homme, je vais perdre si on donne aux femmes". C'était une inconnue à l'époque, je me rappelle avoir entendu "il n'y aura pas de candidates car on ne trouvera pas de femmes". Faux, partout on a trouvé des femmes qui avaient envie de faire de la politique pour avoir la parité. Et au Conseil Départemental de la Haute-Garonne, le président Georges Méric a souhaité ne pas assigner les femmes à des thématiques genrées, des stéréotypes. C'est pour cela que chez nous, le président du Sdis (les pompiers) est une présidente. Pour les transports, l'aménagement du territoire, les élus en charge sont des femmes. Et pour la petite enfance, l'économie sociale et solidaire, ce sont des hommes. On essaie de décloisonner, de casser les codes.

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