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Société

Électricité : pourquoi les prix augmentent fortement ce 1er juin ?

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Par , France Bleu

Les tarifs de l'électricité vont augmenter de 5,9% TTC en moyenne dès samedi. Une hausse "injuste et anormale" pour les associations de consommateurs CLCV et l'UFC Que Choisir qui vont saisir le Conseil d'Etat pour tenter de la faire annuler. France Bleu fait le point.

Les tarifs réglementés de l'électricité vont progresser de 5,9% en moyenne, le 1er juin 2019
Les tarifs réglementés de l'électricité vont progresser de 5,9% en moyenne, le 1er juin 2019 © Maxppp - Alexis Sciard

Les associations de consommateurs CLCV et l'UFC Que Choisir vont saisir le Conseil d'Etat pour tenter de faire annuler la hausse des tarifs de l'électricité de près de 6% prévue ce samedi 1er juin. Quelles sont les raisons d'une telle augmentation ? Pourquoi fait-elle polémique ? Qui est concerné ? Explications.

Pourquoi cette hausse de près de 6% en juin ?

La Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui calcule les prix de l'électricité, avait proposé cette hausse en février. Le gouvernement, en pleine crise des "gilets jaunes", avait toutefois choisi de repousser son application à juin, comme la loi l'y autorise. 

Selon Jean-François Carenco, le président de la CRE, cette hausse doit permettre d'entretenir les réseaux électriques. Mais d'après les associations de consommateurs, la méthode de calcul utilisée par la CRE n'est plus adaptée à la réalité du marché. Conçue pour refléter les coûts d'EDF, elle doit aussi permettre aux fournisseurs alternatifs d'être compétitifs et de pouvoir proposer des tarifs inférieurs : c'est le principe de la "contestabilité". Les concurrents d'EDF achètent ainsi, à un coût fixe, une partie de l'électricité nucléaire produite par le fournisseur d'énergie. Mais depuis quelques années, ces concurrents, de plus en plus nombreux, ont été obligés de se fournir sur les marchés où les prix sont plus élevés. C'est le paradoxe dénoncé par les associations de consommateurs : le principe de la "contestabilité" est censé favoriser la concurrence au bénéfice des consommateurs, mais il se traduit par une hausse des tarifs. 

"La formule de calcul qui s'appliquait quand il y avait très peu de concurrence mène à ces effets paradoxaux. Je suis convaincue qu'il faut changer cette formule de calcul" a concédé Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire ce vendredi sur franceinfo.

Qui est concerné ?

25 millions de foyers sont concernés par cette hausse des tarifs réglementés (TRV), qui correspondent au "tarif bleu" d'EDF. 

Les offres de nombreux autres opérateurs concurrents (Engie, ENI etc.) étant indexées sur ces TRV, les foyers qui ont choisi ces alternatives vont donc être touchés aussi.

Que représente cette augmentation sur la facture des consommateurs ?

Pour un foyer se chauffant à l'électricité, cette hausse de près de 6% représente un surcoût de 85 euros par an en moyenne.

"Cette hausse va impacter plus particulièrement les précaires, qui sont des ménages qui se chauffent majoritairement à l'électricité dans des logements mal isolés et avec ce qu'on appelle des grille-pains", les convecteurs électriques, dénonce Cédric Musso, directeur de l'action politique de l'UFC-Que Choisir, interrogé par l'AFP.

Quelles solutions proposent les associations de consommateurs ?

La CLCV et l'UFC-Que Choisir ont annoncé qu'elles allaient saisir le Conseil d'Etat. En attendant, il n'y aura pas de nouveau report de l'augmentation des tarifs a indiqué Emmanuelle Wargon : "Je rappelle que Ségolène Royal, en 2014, avait refusé d'appliquer cette formule de calcul et cette loi, et cette décision a été attaquée en justice. L'État a perdu et la hausse avait été obligée de s'appliquer, avec en plus 18 mois de rétroactivité. Donc là nous devons appliquer la loi. Nous avons décalé cette hausse jusqu'en juin, mais ne pouvons pas le stopper plus" a-t-elle indiqué.

Les associations appellent aussi le gouvernement "à actionner tous les leviers dont il dispose, à commencer par le levier fiscal, pour faire baisser les prix". "Des marges de manœuvre existent sur le niveau de la TVA, sur celui de la Contribution au service public de l’électricité (qui a augmenté de 114 % depuis 2012), ou encore sur l’application de la TVA aux autres taxes et contributions" précise la CLCV sur son site internet. Les taxes et contributions représentent près de 40% du prix total de l'électricité.

Pour l'heure, le gouvernement se dit prêt à modifier la méthode de calcul des tarifs réglementés. "Il va y retravailler" a promis Emmanuelle Wargon dans le sillage de François de Rugy, ministre de la Transition Écologique et Solidaire. La formule actuelle "ne permet pas aux consommateurs de bénéficier suffisamment des avantages et de la compétitivité du nucléaire" avait-il indiqué fin avril. 

Une nouvelle hausse est-elle à prévoir dans les mois à venir ? 

"Il ne serait pas souhaitable" qu'il y ait une nouvelle hausse des tarifs de l'électricité en août a déclaré Emmanuelle Wargon sur franceinfo ce vendredi.

Une nouvelle augmentation, liée aux coûts de transport de l'électricité, est pourtant prévue dans deux mois. Mi-mai, le président de la Commission de régulation de l'énergie, Jean-François Carenco, avait indiqué vouloir essayer de la "limiter à 1%".

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