Société

Electrosensible, elle a trouvé refuge en Dordogne

Par Benjamin Fontaine, France Bleu Périgord dimanche 24 août 2014 à 11:11

Elisabeth Buil électrosensible
Elisabeth Buil électrosensible © Radio France - Benjamin Fontaine

Depuis quatre ans, Elisabeth Buil souffre d'une hyper sensibilité à l'électricité. Pour fuir la vie urbaine, elle a trouvé refuge dans une maison périgourdine.

La moindre vision d'un téléphone portable déclenche une vraie panique chez Elisabeth Buil. A 57 ans, cette éducatrice spécialisée est une E.H.S., une électro-hypersensible. Elle ne supporte pas l'exposition aux champs électromagnétiques (ondes Wifi, lignes haute-tension, bluetooth). Une pathologie reconnue comme handicap par l'O.M.S. mais par aucune autorité publique en France. Pourtant Elisabeth sait combien elle souffre: "Lorsque j'ai déclenché la maladie, il y a 4 ans après la pose d'un implant dentaire j'ai été prise de violents maux de tête, j'avais l'impression que tout mon corps brûlait de l'intérieur. Je passais mes nuits les mains plongées dans des bassines d'eau."

A l'époque, Elisabeth, son mari Bruno et leur fils vivaient dans l'Essonne mais la périgourdine n'a pas pu supporter cette vie urbaine "Je vivais des journée entières près de la rivière en bas de notre quartier ou en forêt. Parfois je dormais dans ma voiture " . Les douleurs devenant trop fortes, Elisabeth a préférer laisser mari et enfant et partir vivre chez des amis, à l'abri. "J'ai vécu l'errance. J'ai même dormi dans un hangar pour fuir les ondes et les champs électriques" . Il y a deux ans elle a finalement trouvé une maison isolée dans le secteur de Montpon.

"Certains E.H.S ont peur de passer pour des fous". — Elisabeth Buil

Les murs de cette vieille bâtisse de 120m2 sont en pierres et en face, une église fait barrage. Dans la cour, impossible de capter avec un téléphone portable. A l'intérieur, pas de télévision, pas de plaques électriques, ni de chauffage . Le téléphone est filaire et Elisabeth a installé un ordinateur mais elle ne le branche que 15 minutes par mois : "Je m'en sers pour l'administratif, après je sais que je vais souffrir quelques heures" , confie la quinquagénaire. Cette pathologie l'a éloignée de son mari, resté vivre dans l'Essonne. Certains amis ont préféré tourner les talons. "Je connais certains E.H.S qui ne veulent pas dire qu'ils souffrent car ils ont peur de passer pour des fous."

Elisabeth ne travaille plus. Elle a été déclarée "travailleur handicapé" mais elle aimerait pouvoir retrouver une activité "sauf que je ne peux même plus aller en ville plus d'un quart d'heure. Je me comporte comme une bête traquée."

Avec son mari, Bruno, elle a rejoint l'association "Une terre pour les EHS" qui se rassemble dans les Hautes-Alpes pendant une semaine à partir du 25 août pour réclamer des zones blanches où pourraient vivre les électro hypersensibles. L'association veut aussi une vraie reconnaissance de la pathologie par les pouvoirs publics .

QDJ Electrohypersensiblité / ENRO B

Elisabeth Buil, portrait d'une électrosensible