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Société

Elles veulent appeler leur garçon "Ambre", mais le Parquet de Lorient s'y oppose

mardi 11 septembre 2018 à 6:15 Par France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Un garçon peut-il s'appeler Ambre ? L'état civil avait fait un signalement à la naissance. Le Parquet estime qu'il y a un risque de confusion, mais le juge aux affaires familiales a estimé que non. Le Parquet fait appel. L'affaire traîne, et Ambre grandit.

La famille vit à Etel
La famille vit à Etel - Capture d'écran / Google Maps

Étel, France

Ambre est né en janvier 2018. Mais ce petit garçon d'Etel dans le Morbihan pourra-t-il garder son prénom ? Ses parents, un couple de femmes a appelé l’enfant Ambre, un prénom certes féminin, mais à consonance masculine, et déjà donné dans le passé à des garçons.

Un signalement, et le procureur demande le changement de prénom

A sa naissance, l’officier d'état civil avait signalé le cas au Procureur de la République de Lorient qui a considéré qu'un risque de confusion de sexe pouvait nuire à l'enfant. La mère a été assignée devant le Juge aux Affaires familiales de Lorient, le Parquet requérant le changement de prénom.

Le Juge tranche en faveur de la famille, mais le Parquet fait appel

Le Juge aux Affaires familiales, à l'inverse estime qu'il n'y a pas lieu d'interdire ce choix. Mais le Parquet de Lorient a fait appel. L'affaire sera donc rejugée à Rennes dans plusieurs mois. Alice Gondelle la mère de Ambre considère être "victime d'acharnement" de la part du Procureur de Lorient. 

"La société est très injuste, elle laisse passer des prénoms très ridicules, comme *Clitorine*. Je me dis qu'un prénom si classique et si ancien (AMBRE) et reconnu mixte ne passe pas, et c'est l’État qui nous attaque ? On doit vivre ça pendant 2 ans. En attendant, moralement et financièrement c'est difficile. Ce qu'on trouve injuste, c'est que la procureur agit comme une avocate".

Témoignage de la maman d'Ambre

Réponse dans au moins un an ?

Soutenue par l’association Les Enfants d'Arc en Ciel, la maman et sa compagne s’interrogent s’il n’y a pas aussi dans cette histoire une forme d’homophobie. La famille doit donc patienter au moins jusqu'à fin avril 2019, les délais de traitement du contentieux ne permettant pas de faire plus vite.

Ambre aura presque un an et demi, et déjà un prénom auquel il répond.