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Elodie aide ménagère à La Rochelle : "nos bénéficiaires ont peur, mais attendent notre passage"

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Par , France Bleu La Rochelle
La Rochelle, France

Comment continuer à aider les personnes dépendantes tout en respectant les gestes barrières ? C'est le casse tête quotidien des aides à domiciles qui continuent à visiter les personnes très agées. Des personnes qui ont peur du virus qu'elle pourraient leur apporter, mais qui ont besoin d'elles

Un geste que les aides à domicile ne peuvent plus faire (image d'illustration)
Un geste que les aides à domicile ne peuvent plus faire (image d'illustration) © Maxppp - Florian Salesse

Ce geste là, attraper une main, toucher une épaule Elodie ne peut plus le faire. Elle est aide à domicile dans l'agglomération de La Rochelle pour la société An'Actif Services et travaille chez des dames de plus de 90 ans. "Elles n'ont même plus envie qu'on les touche, c'est un peu compliqué quand on fait des toilettes. Elles ont peur du Coronavirus mais attendent notre passage, alors c'est vrai que les gestes comme poser une main sur une épaule, il n'y en a plus du tout". L'épidémie de Covid-19 a bouleversé le travail d'Elodie, elle ne s'occupe plus que de personnes dépendantes, très isolées dont les enfants sont confinés à des centaines de kilomètres, et ses tâches se limitent à l'essentiel : faire les courses, les toilettes, et aider pour les repas. 

Et même ces missions là, ne sont plus faites comme avant. "On nous demande de ne plus faire de toilettes" confirme la patronne d'Elodie, "les personnes s'occupent d'elles, on est juste là en cas de chute, au cas où" dit Isabelle Dealdale. Pour les levers, et les couchers, ou quand il faut mettre un couche par exemple, impossible de respecter les distances : "On ne respecte pas le mètre d'écart, on respecte le fait de se laver les mains, travailler avec des gants".  Les gants et le gel hydroalcoolique sont fournis par l'entreprise, mais Elodie comme toutes les professions d'aide à la personne ou de soignants souffre du manque de masques

"Là, il me reste 3 masques, on nous préconise de les laver, et de les repasser ensuite pour tuer le virus avec la chaleur" explique l'aide à domicile, "ils ne sont plus du tout à usage unique". Et encore, la responsable d'An'Actif Services eu de la chance : c'est à son club de danse qu'elle en a trouvé, par une camarade qui en avait dans son entreprise. "On est sur liste d'attente, c'est quand même pas normal !" On sait depuis longtemps dit-elle "que le virus va arriver en France, et rien n'a été fait pour qu'on ait des masques en temps et en heure".  Il y a quelques jours, la présidente de la plus importante structure d'aide à domicile en France l'ADMR a lancé un cri d'alarme en direction du gouvernement : "donnez nous les moyens d'agir et d'assurer nos missions auprès des plus fragiles". L'ADMR s'occupe de 3 000 personnes en Charente-Maritime, 5 000 en Charente et emploie près de 2 000 personnes sur les deux départements.  

Le masque ne protège pas du virus, mais il rassure - Isabelle Dealdale, responsable de la société d'aides à domicile An'Actif Services 

"Le masque ne protège pas du virus, mais il rassure" explique Isabelle Dealdale. "Il a un effet psychologique énorme aussi bien pour le quotidien des intervenants qui vont à domicile, que des bénéficiaires qui sont seuls et inquiets" dit-elle. Une aide à domicile, même quand elle garde ses distances, ça redonne le sourire : "c'est le rayon de soleil de leur journée", et ça rassure dit-elle. Et ses aides à domicile passent beaucoup de temps à rassurer leurs bénéficiaires. Mais Isabelle Déaldale craint de ne pas pouvoir maintenir l'activité de son entreprise et assurer le service jusqu'au bout du confinement, 70% de ses salariées (ce sont souvent des femmes) sont à l'arrêt. Si le confinement se durcit, ses salariées comme Elodie qui travaillent encore (14 sur 50 avant l'épidémie) pourraient privilégier leur famille, ou baisser les bras épuisées moralement et physiquement

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