Société

Reporter de guerre en 2015: France Bleu en direct du 22ème Prix Bayeux des correspondants de presse

Par Claire Briguet-Lamarre, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin vendredi 9 octobre 2015 à 20:02

L'émission spéciale en direct de Bayeux
L'émission spéciale en direct de Bayeux © Radio France - Francis Gaugain

France Bleu Basse-Normandie en direct du 22ème Prix Bayeux des correspondants de guerre ce vendredi soir entre 19 et 20 heures. Le thème: les reporters de guerre neuf mois après les attentats à Charlie Hebdo. Débats passionnants sur l'exercice de ce métier.

France Bleu en direct ce vendredi soir depuis le 22ème Prix Bayeux des correspondants de guerre. Comme invités, des reporters de guerre aguerris. Parmi eux, notamment, Dorothée Olliéric de France 2, Sophie Nivelle-Cardinal, journaliste indépendante et Nicolas Hénin, grand reporter.

Y a t-il des façons de travailler différente selon les pays ?

Dorothée Olliéric:  "Il y a des modes, le journaliste qui se met en scène ça peut être gênant. Personne n'aime se montrer, rouler des mécaniques sous les balles, pourtant on nous le demande".

Que vous apporte d'être à ce jury ?

Sophie Nivelle-Cardinale: "J'étais curieuse de savoir comment ça se passe de l'autre côté du miroir. On s'interroge sur sa propre pratique"

Dorothée Olliéric: "Je n'ai pas l'impression de juger le travail des autres. Il y a des coups de coeur, des évidences qui se dégagent."

Dorothée Olliéric, grand reporter à France 2 - Radio France
Dorothée Olliéric, grand reporter à France 2 © Radio France - Francis Gaugain

Les risques liés à votre métier, vous y pensez ?

Nicolas Hénin: "Il faut aller au plus près du danger. on sait que ça va arriver. On ne  sait pas si on sera blessé Pour l'instant je ne retournerai plus sur des terrains de conflit même si je ne sais pas faire grand chose d'autre.3

Nicolas Hénin, grand reporter, otage pendant 10 mois en Syrie - Radio France
Nicolas Hénin, grand reporter, otage pendant 10 mois en Syrie © Radio France - Francis Gaugain

 Avez-vous eu le sentiment de frôler la mort ?

Dorothée Olliéric: "Moi oui mais je ne sais pas pourquoi. En Egypte il y a deux ans j'ai eu droit à un simulacre d'éxecution. Je me suis dit j'arrive au bout et après ça passe, on oublie".

La photo du petit Aylan a fait le tour du monde, quel regard portez-vous sur cette photo ?

Véronique de Viguerie, photographe: "une photo a énormément de force. Avec internet, une photo en une heure peut faire pleurer la terre entière. cette photo devait être faite."

Nicolas Hénin: "c'est la pudeur de cette photo qui en a fait sa force. des photos d'enfants morts, il y en a plein les réseaux sociaux. l'horreur est accessible à tout un chacun. C'est justement la pudeur de cette photo qui a provoqué la force de cette image."

Etre une femme reporter de guerre, "un vrai atout" - Radio France
Etre une femme reporter de guerre, "un vrai atout" © Radio France - Francis Gaugain

Vous fixez-vous des limites ?

Sophie Nivelle-Cardinale: " Oui, on ne peut pas soutenir trois minutes de cadavres dans un JT. On fait dix secondes sur le cadavre de Kadhafi par exemple. Alors qu'en radio on peut tout raconter. Ce qui compte c'est "comment" on montre."

Dorothée Olliéric: "les images sont très édulcorées maintenant dans les JT. On bataille pour montrer des images qui sont dures mais qui ont du sens. Je bataille pour montrer un peu'

Parfois il faut montrer des images dures  sinon les gens continuent à manger leur soupe tranquillement sans lever le nez de leur assiette ... Dorothée Olliéric

Pour la première fois des journalistes sont morts en France pendant  l'exercice de leur métier, comment l'interprétez-vous ?

Sophie Nivelle-Cardinale: " C'est dérangeant quand vous êtes chez vous et que vous entendez des hélicos qui passent au-dessus de chez vous. Ca rappelle que rien n'est acquis en matière de liberté d'expression."

Nicolas Hénin: _" Les conflits se sont sans cesse invités chez nous, la guerre au Liban nous a valu des actions en France. le terrorisme chez nous n'a jamais été que des importations de conflit. "


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