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Visite d'Emmanuel Macron à Montpellier : ce que les habitants de La Mosson ont à lui dire sur la sécurité

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Emmanuel Macron vient défendre son plan sécurité à Montpellier ce lundi 19 avril, avec un passage à La Mosson, quartier miné par les trafics. Les habitants ont bien l'intention de se faire entendre du président.

Un collectif citoyen soutient la famille d'Amine, 16 ans, tué la Cité Gély en décembre 2020 à Montpellier.
Un collectif citoyen soutient la famille d'Amine, 16 ans, tué la Cité Gély en décembre 2020 à Montpellier. © Radio France - Marie Ciavatti

Avant même sa visite à Montpellier sur le thème de la sécurité, Emmanuel Macron a préparé le terrain. Dans un entretien au Figaro publié dimanche 18 avril, il annonce l'arrivée de 50 policiers supplémentaires d'ici 2022 et affirme sa volonté de renforcer la lutte contre les trafics de drogue. Le chef de l'État est attendu lundi en fin de matinée, accompagné de son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Première étape, l'Hôtel de police. Ils doivent ensuite visiter le centre social de la CAF à La Mosson pour parler prévention et lutte contre la délinquance. Les habitants comptent faire entendre leur voix

La mort d'Amine, 16 ans

Sonia Calise habite les Hauts de Massane. Le 26 décembre dernier, son fils Amine, âgé de 16 ans, a été retrouvé mort poignardé à la Cité Gély. Deux coups de couteau, le second a touché le cœur. "La raison ? Je ne sais pas. Un meurtre gratuit pour moi, parce que c'était un enfant scolarisé, C'était un gentil. Jamais de bagarre avec qui que ce soit. C'est l'incompréhension totale et donc personne n'est pas à l'abri. Et j'ai l'impression qu'à Montpellier, plus ça va, plus l'insécurité grandit." 

Elle pointe aussi des mots entendus au moment de la mort de son enfant : "Ça fait un Arabe de moins. Mais il était français. Et je suis française." Pour l'instant elle ignore tout des circonstances du crime. Un collectif de soutien s'est constitué, et a prévu de déployer des banderoles à la venue du président Macron : "Amine. 16 ans. Plus jamais ça."

La mère d'Amine, 16 ans, poignardé à mort à Montpellier le 26 décembre 2020, demande justice pour son fils.

"Ils viennent ici comme dans un zoo."

Adil Soso a le verbe haut. Militant associatif à La Paillade, entre autres, il a rencontré Emmanuel Macron il y a quatre ans. "Pendant 40 minutes, on lui a parlé des problématiques des quartiers populaires dont il ignorait tout. Chômage, points de deal, décrochage scolaire, mal-logement... Et il a fait fi de tout ça pour nous parler lutte contre l'islamisme." 

"On n'a pas l'impression qu'ils viennent faire un bilan mais qu'ils viennent ici comme dans un zoo pour faire leur communication avant les élections. (...) On voit bien que ça se dégrade. Il y a de plus en plus de points de deal, c'est un échec total de leur part. Car c'est toujours pareil... sans concertation". 

"On vit toujours en apartheid où ces hommes politiques, qui ne connaissent pas nos territoires, décident pour nous. Et même si on est consulté, notre parole n'est pas prise en compte. Donc j'espère qu'on aura l'occasion de lui dire que son bilan c'est un échec total de sa politique de la ville, ainsi que l'ANRU et son plan banlieues à deux balles.

Loi sur les séparatismes

Il pointe la loi sur les séparatismes, qui s'attaque dit-il "à des associations en rapport avec l'islam. C'est plus une politique islamophobe qu'une politique sociale puisqu'il ne nous a pas dit comment désenclaver des quartiers mais comment il allait lutter contre des associations soit disant salafistes que nous ne connaissons pas alors que c'est notre quartier."

"Ces hommes politiques qui ne connaissent pas nos territoires décident pour nous". Adil Soso, militant associatif

Davantage de policiers ?

À La Mosson, pourtant classé quartier de reconquête républicaine, le quotidien ne s'est pas amélioré pour autant. Après la dernière fusillade en novembre dernier, la police a renforcé sa présence. Plus de police ? "De toute façon il fallait le faire, je ne le nie pas, temporise Khaled Baki, président du conseil citoyen des Hauts de Massane. Mais ce ne sera pas suffisant. La police ne peut pas être derrière chaque porte."

"Aujourd'hui la police intervient par représailles. À mon époque, je les connaissais, on les appelait par leurs prénoms. Aujourd'hui, je suis président d'association, je suis en permanence dans le quartier et je ne les connais pas. Donc bien sûr, la police. Mais la police seule, non. Et je pense que le monde associatif a un grand rôle à jouer là dedans. Le plus grave c'est que si nous on en arrive à s'épuiser, là je serai très inquiet pour le quartier."

"Oui bien sûr la police. Mais la police seule non..."

Déménagement

Un symbole : après quasiment 10 ans au pied de la tour d'Assas, au cœur du quartier, le laboratoire de biologie médicale d'Abdelkader El Marraki va déménager. Après la dernière fusillade en novembre, la présence policière a été renforcée. Les dealers se sont un peu déplacés mais depuis, c'est un marché aux puces sauvage qui a pris de l'ampleur, juste devant le labo. 

Les saletés et les empoignades, "ce n'est plus possible. La dernière fois, des voitures ont été vandalisées, brûlées. Donc au jour le jour on n'est pas à l'aise. J'essaie de recruter, mais ce n'est pas possible, personne ne veut venir travailler ici. J'ai même des vigiles pour protéger. Mais j'estime que quand on sort, on n'a plus la sécurité."

"J'essaie de recruter mais ce n'est pas possible, personne ne veut venir". Abdelkader El Marraki, patron de labo médical

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