Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Émouvante rencontre entre les plus jeunes pupilles de la Nation de la Loire et la doyenne des pupilles de 1914-18

jeudi 8 novembre 2018 à 17:50 Par Marie Rouarch, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

La rencontre, émouvante, s'est déroulée à l'EHPAD La Providence, au Coteau : Andrée Bossut, 108 ans, doyenne des pupilles de 14-18, présentée à Hugo et Mélina, 10 et 3 ans, plus jeunes pupilles de la Nation de la Loire. Un statut né à la fin de la Première guerre mondiale et toujours d'actualité.

Andrée Bossut, 108 ans, rencontre Hugo et Mélina, benjamins des pupilles de la Nation de la Loire
Andrée Bossut, 108 ans, rencontre Hugo et Mélina, benjamins des pupilles de la Nation de la Loire © Radio France - Marie Rouarch

Le Coteau, France

À l'occasion du Centenaire de l'Armistice de la guerre 14-18, le service départemental des anciens combattants de la Loire a choisi d'organiser une rencontre un peu spéciale : la doyenne des pupilles de la Grande guerre, présentée aux plus jeunes pupilles de la Nation de la Loire. L'opportunité de rappeler qu'en 2018, ce statut de "pupille", né à la fin du premier grand conflit mondial, est toujours d'actualité.

Andrée Bossut a 108 ans. Elle est la doyenne des Ligériens mais aussi, et on le sait moins, la doyenne des pupilles de la Nation, dans la Loire. Ce statut, créé en 1917, permet à des enfants dont un parent est mort à la guerre ou a été gravement blessé pendant un conflit, d'être adopté par la Nation et pris en charge jusqu'à sa majorité. Ce mercredi, elle a donc rencontré Hugo, 10 ans et Mélina, 3 ans. La petite fille est la benjamine des pupilles de la Nation ligériens.

Écoute et soutien financier

Andrée Bossut a perdu son père, soldat du 98e régiment d'infanterie, tué par une balle perdue en 1916 dans la Somme, après avoir survécu à la Bataille de Verdun. "On m'a prise en charge pour apprendre, explique la vieille dame, bien vaillante malgré ses 108 ans. J'ai donc appris la sténo-dactylo, la machine à écrire et puis j'ai fait des études jusqu'à 15 ans. Ça m'a permis d'entrer dans une banque et après dans un atelier de bonneterie." Aurait-elle eu ce parcours si l'État ne l'avait pas faite pupille de la Nation ? "Certainement pas" affirme-t-elle. 

Face à elle, impressionné, Hugo, 10 ans. Le petit garçon est féru d'histoire, il a préparé beaucoup de questions pour Andrée. Il n'ose pas les poser, un adulte prend le relais et questionne la centenaire sur sa vie de pupille, son destin après la mort de son père. Hugo est devenu pupille récemment. "Mon papa a été blessé à la guerre, c'est une reconnaissance", témoigne-t-il. Un papa combattant en Afghanistan, au Kosovo ou au Mali, aujourd'hui retraité de l'armée.

Passage de témoin entre une pupille de 14-18 et les pupilles d'aujourd'hui

600 pupilles mineurs suivis en France

Le statut de pupille est lui aussi plus que centenaire. Mais il n'en reste pas moins très actuel. "Il y a heureusement beaucoup moins de pupilles aujourd'hui qu'à l'époque, explique Gérard Georgeon, directeur du service départemental de l'Office des anciens combattants, qui suit ces mineurs. _Après 14-18, le statut concernait des millions d'enfants. Aujourd'hui, 600 pupilles mineurs sont suivis sur le territoire national_, ça permet un suivi plus personnalisé, plus important, jusqu'à la fin de leurs études et même après, pendant leur vie adulte".

L'office national des anciens combattants offre aux familles une écoute et un soutien financier pour l'école, l'habillement ou les loisirs. Et ce statut évolue avec l'époque puisqu'il concerne des enfants de soldats morts ou gravement blessés au cours d'opérations extérieures, en Afghanistan, au Mali ou au Kosovo, mais aussi les enfants de victimes du terrorisme.