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En Île-de-France, des postes d'éducateurs de rue menacés, malgré les attentats

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Par , France Bleu Paris, France Bleu
Paris, France

Depuis les attentats du 13 novembre, le gouvernement insiste sur la lutte contre la radicalisation, mais les éducateurs de rue dénoncent une baisse de leurs budgets. Dans les Yvelines, 11 villes sur 22 vont perdre leurs éducateurs. A Paris, la ville fait machine arrière.

Des immeubles HLM aux Mureaux le 26 octobre 2015
Des immeubles HLM aux Mureaux le 26 octobre 2015 © Maxppp - Francois Lafite/Wostok Press

Les éducateurs de rue s'inquiètent : dans de nombreux départements, les financements de la prévention spécialisée sont en baisse alors que, depuis les attentats du 13 novembre, la lutte contre la radicalisation de certains jeunes est au coeur des discours politiques. Manuel Valls a notamment promis la création d'une structure de "déradicalisation" avant la fin de l'année. 

C'est dans ce contexte que le département des Yvelines a prévu de réduire son enveloppe consacrée aux associations de prévention spécialisée : elle devrait passer de 6,7 millions d'euros par an actuellement à 4,5 millions environ à partir de 2016. Conséquence : 11 villes sur 22 ne seront plus couvertes par le dispositif, notamment La Celle Saint Cloud, Versailles, Saint-Germain en Laye et Conflans Sainte Honorine.

Dans les Yvelines, une réduction budgétaire

Pour l'association APSY, association de prévention spécialisée en Yvelines, cela signifie que 2 des 7 villes où elle intervient ne seront plus couvertes. Son directeur, Philippe Robé va devoir mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi pour 10 salariés. Selon lui, le travail des éducateurs de rue va manquer :

"Une partie de la jeunesse va se retrouver sans interlocuteur de proximité"

Philippe Robé, directeur de l'APSY, aux Mureaux.

Au conseil départemental des Yvelines, on met en avant un problème budgétaire. Catherine Arenou, vice présidente (Les Républicains) en charge de l'insertion insiste sur le fait que certains territoires sont "plus fragiles que d'autres"

"Reconcentrer la prévention spécialisée sur les territoires les plus en difficulté ne me paraît pas illogique."

Catherine Arenou, vice présidente du conseil départemental des Yvelines.

Les territoires qui ne bénéficieront plus du travail des éducateurs de rue sont des communes déjà sorties du dispositif politique de la ville. Pour Malika Zekri, qui travaille à Achères pour l'association APSY, "ces communes et cette jeunesse-là vont encore être sabrés".

Radicalisation : intervenir en amont

Cette réduction des moyens pour les éducateurs de rue est d'autant plus incompréhensible pour Malika Zekri dans le contexte actuel. Depuis les attentats, la lutte contre la radicalisation est dans tous les discours politiques. Malika Zekri reconnait ne pas pouvoir agir à posteriori : "quand les jeunes sont radicalisés, il est trop tard, mais on intervient en amont". Selon elle :

"Il n'y a pas une seule réponse, la prévention et la sécurité sont nécessaires. Il faut que ce soit un juste équilibre"

Malika Zekri, chef de service de l'APSY à Achères, dans les Yvelines.

Philippe Moreau est du même avis. Il est chef de service dans le secteur de la place des Fêtes, à Paris pour l'association Jeunesse feu vert :

"Même si on intervient pas directement sur les phénomènes de radicalisation, on crée du lien social indispensable pour éviter ce type de phénomènes"

La ville de Paris renonce aux réductions d'effectifs

A Paris, justement, la ville a du faire face à la grogne des éducateurs de rue. Le conseil de Paris devait examiner le 16 novembre une réduction d'une quinzaine de postes d'éducateurs et le retrait du financement pour 2 des 14 associations de prévention spécialisée. Un conseil reporté en raison des attentats.

Finalement, le financement sera examiné lors du conseil de Paris des 14 au 16 décembre et Colombe Brossel, adjointe chargée de la Sécurité, de la Prévention, de la Politique de la Ville et de l’Intégration, annonce au contraire le rajout de 3 postes et le maintien de l'enveloppe budgétaire de 20 millions d'euros par an.

L'inquiétude des éducateurs de rue de Jeunesse Feu Vert, à Paris.

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