EN IMAGES - A Saint-Brévin, le futur centre d'accueil de réfugiés près de l'école divise

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1.000 partisans au centre se sont donné rendez-vous place du marché à Saint-Brévin-les-Pins ce samedi à 10 heures, puis 150 opposants à 14 heures. Malgré une ambiance tendue en fin de journée, il n'y a pas eu de gros débordements.

Un millier de personnes se sont rassemblées pour soutenir le déplacement du CADA à Saint-Brévin-les-Pins
Un millier de personnes se sont rassemblées pour soutenir le déplacement du CADA à Saint-Brévin-les-Pins © Radio France - Léonie Cornet

La polémique continue d'enfler à Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique. Alors qu'un Cada (un Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile) va être déplacé près d'une école élémentaire, deux manifestations ont eu lieu ce samedi 25 février 2023 dans le centre-ville. Environ 1.000 partisans se sont rassemblés à 10 heures place du marché, puis plus de 200 opposants à 14 heures devant la mairie. C'est la troisième mobilisation à ce sujet à Saint-Brévin-les-Pins.

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Peter, 75 ans, estime que le centre de réfugiés près de l'école va poser des problèmes de sécurité
Peter, 75 ans, estime que le centre de réfugiés près de l'école va poser des problèmes de sécurité © Radio France - Léonie Cornet

Cela fait plusieurs mois que l'on parle du déplacement du centre d'accueil de réfugiés, et pourtant les opposants ne lâchent rien : "Le Cada, c'est tabou, on en viendra tous à bout !", scandent les opposants au projet, parodiant un célèbre film de la fin des années 90. Parmi eux, Peter, 75 ans, tient fermement une pancarte à la main. Elle indique que 110 migrants seront "dans l'enceinte de l'école", manière de dire que le Cada sera situé tout près de l'école de la Pierre- Attelée de Saint-Brévin. "Des migrants auront une vue sur la cour de l'école toute la journée, lâche-t-il, exaspéré, et c'est un problème pour la sécurité des habitants et de nos enfants."

Le groupe catholique Civitas a donné une messe "pour le salut de la France" en marge du rassemblement contre le CADA
Le groupe catholique Civitas a donné une messe "pour le salut de la France" en marge du rassemblement contre le CADA © Radio France - Léonie Cornet

Certains habitants estiment ne plus se sentir chez eux, et préfèrent s'en remettre à Dieu. "Nous prions le Seigneur de nous venir en aide pour le salut de la France, et faire que la France reste française", estime Antoine, 23 ans, ouvrier dans une usine au nord de Nantes et sympathisant du mouvement catholique Civitas. Des idées très à droite soutenues par Eric Zemmour, même le Rassemblement National s'est désolidarisé de la manifestation de ce samedi, c'est ce qu'il a précisé dans un communiqué.

Le rassemblement des partisans est à l'appel du collectif des brévinois attentifs et solidaires
Le rassemblement des partisans est à l'appel du collectif des brévinois attentifs et solidaires © Radio France - Léonie Cornet

Place du marché, l'ambiance est très différente : pour les partisans du Cada, "il n'y a pas d'étrangers sur cette terre". C'est en tout cas ce que l'on peut lire sur la pancarte de Yann. "Nous sommes tous les fils de migrants, Monsieur Zemmour y compris. Il faut arrêter ces vieilles recettes de haine, bien sûr que l'on peut accueillir les Ukrainiens et toutes les autres populations."

Des CRS ont fait barrage de chaque côté des manifestations pour éviter les débordements
Des CRS ont fait barrage de chaque côté des manifestations pour éviter les débordements © Radio France - Léonie Cornet

Quelques débordements entre les partisans et les opposants ont éclaté en fin de journée, mais ils ont été rapidement contenus par les forces de l'ordre. La mairie de Saint-Brévin-les-Pins rappelle, de son côté, qu'elle soutient l'accueil de réfugiés. "Notre commune a connu une journée de manifestations qui a donné lieu à des débordements, heureusement limités grâce à la présence des forces de l'ordre, indique-t-elle. Néanmoins, si nous sommes convaincus que le droit de manifester est fondamental dans notre démocratie, nous déplorons ces dérives qui donnent une image déplorable et très éloignée de la réalité de notre ville. Nous réaffirmons la solidarité et le soutien de la commune à l'accueil de personnes qui fuient les guerres, les persécutions et l’injustice. Nous remercions les forces de l'ordre et les services de la ville pour leur mobilisation et appelons à un retour au calme dans notre ville."

Le projet de Cada est déjà signé et les travaux ont commencé au mois de septembre. Le centre devrait ouvrir ses portes près de l'école de la Pierre-Attelée fin 2023.

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