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Société

EN IMAGES - Alauna : quand Valognes était une petite Rome

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Par , France Bleu Cotentin

Des archéologues ont inspecté 14 hectares de terrains pendant une dizaine de jours début juillet à Valognes. Sanctuaire, forum, amphithéâtre... Les restes d'une cité gallo-romaine de grande importance dorment dans le sous-sol.

Valognes dispose des plus hautes élévations antiques de Basse-Normandie
Valognes dispose des plus hautes élévations antiques de Basse-Normandie © Radio France - Pierre Coquelin

Valognes, France

Avant d'être le petit Versailles normand, Valognes a-t-elle été la petite Rome manchoise ? Ou plutôt Alauna, son ancêtre gallo-romaine. Depuis 2012, des campagnes de fouilles sont menées à Valognes. Pendant une dizaine de jours début juillet, des archéologues ont inspecté 14 hectares de parcelles dans le quartier du Balnéaire, à l'aide d'un géoradar, un outil qui ressemble "au sonar d'un sous-marin", explique Roger Sala, géophysicien venu de Catalogne.  

Alauna était une ville gallo-romaine de plus de 45 hectares : sa superficie témoigne de son importance. On a trace de son existence dès 25 avant notre ère (soit juste après la conquête romaine). "Tout nous _laisse à penser qu'il s'agissait d'une capitale_, d'un chef-lieu avec de nombreux édifices publics monumentaux", explique Laurence Jeanne, archéologue bénévole et chercheuse associée au Craham (Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales) de Caen. Son "aire d'influence" irait de Cherbourg (Corialo) aux marais de la Sangsurière, au sud de Saint-Sauveur-le-Vicomte. 

Les vestiges antiques les plus hauts de Basse-Normandie !

Depuis 1695, on sait qu'il y a au moins deux grands édifices publics :

  • des thermes publics, datant des années 70 après JC, "avec les plus hautes élévations antiques (12 mètres) de Basse-Normandie" (pour trouver plus hautes, il faut aller à celles de Cluny à Paris), précise Laurence Jeanne
  • un amphithéâtre avec arène de 73 mètres de diamètre, où se déroulaient des jeux, des combats de gladiateurs, des chasses et des spectacles

L'équivalent de la maison carrée de Nîmes

A partir de 2012, des campagnes de recherches ont parfait cette connaissance, avec la découverte de deux autres édifices monumentaux, au carrefour de deux grandes artères (cardo et decumanus) : 

  • un grand sanctuaire avec un temple sur podium, "l'équivalent de la maison carrée de Nîmes", ajoute l'archéologue
  • un grand ensemble de plus de 6.300 m2, qui s'apparente au forum de l'agglomération, le lieu administratif et politique : une place publique avec des boutiques sur 90 mètres, un temple, une basilique et la curie

"C'est le symbole d'une romanité marquée" - Laurence Jeanne, archéologue bénévole

Une modélisation de ce à quoi pouvait ressembler le sanctuaire d'Alauna - Aucun(e)
Une modélisation de ce à quoi pouvait ressembler le sanctuaire d'Alauna - Laurence Jeanne

Alauna disposait également de plus de 25 quartiers géométriques. Selon les estimations, sa population a pu s'établir entre 3 et 4.000 habitants. "On a une cinquantaine d'indices d'habitations", note Laurence Jeanne : en 2017, les prospections au géoradar ont mis en évidence les restes d'une domus, une maison fastueuse de 1.300 m2, autour d'une cour intérieure.

Déclin 

"_Le déclin d'Alauna remonte très certainement au début du IIIe siècle_, vers 230-250. La ville est quasiment désertée à la fin du IIIe - début IVe siècle", commente Laurent Paez-Rezende, archéologue à l'Inra (Institut national de recherches archéologiques). Une chute à replacer dans un mouvement plus large au sein de l'Empire romain : troubles politiques, militaires, premières incursions barbares, déstabilisation économique, auxquels on rajouter des phénomènes climatiques et d'épidémies.