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Société

EN IMAGES - Cherbourg, dernière escale pour le sous-marin nucléaire d'attaque Le Saphir

Le sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) le Saphir a rejoint mercredi matin la base navale de Cherbourg, où il doit être démantelé. Lors de ces 35 ans au service de la France, le navire a passé plus de 13 ans en plongée et effectué l'équivalent de six fois la distance de la Terre à la Lune !

Le sous-marin nucléaire d'attaque Le Saphir est arrivé ce mercredi matin à la base navale de Cherbourg
Le sous-marin nucléaire d'attaque Le Saphir est arrivé ce mercredi matin à la base navale de Cherbourg © Radio France - Pierre Coquelin

Cherbourg, France

"C'est émouvant car ce sont nos derniers moments tous ensemble". Le capitaine de frégate Ludovic Frenais de Coutard ne cache pas son émotion à l'heure de rendre le commandement du Saphir, l'un des six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) de la Marine. Parti de Toulon, son port d'attache, le 21 juin, le navire a effectué son dernier voyage jusqu’à Cherbourg, là où il a été construit et où il doit être démantelé. L'un des grands moments de ce transfert, c'est "le retour à la surface au nord d'Ouessant : c'est la fin de la navigation en plongée", pour ce sous-marin qui a servi la Marine pendant 35 ans, rappelle le commandant. 

Un "chasseur"

Sur toute sa vie, le Saphir a passé l'équivalent d'un peu plus de 13 ans sous l'eau, et a parcouru 1,2 million de mille nautiques sur toutes les mers du globe. "ça fait six fois la distance Terre/Lune pour avoir un ordre d'idée", explique le capitaine de frégate. Pour le définir, un amiral avait qualifié ce SNA de "chien courant", mais son commandant opte volontiers pour le terme de "chasseur". Son rôle est essentiel dans la lutte anti-navire, sous-marine bien sûr, l'accompagnement aéronaval, le soutien de dissuasion,  ou encore des missions de renseignement. En 2011, le Saphir s'est notamment illustré lors de la guerre de Libye. 

A bord, la vie des 75 membres d'équipage est assez rustique : "il y a de la promiscuité, mais ça renforce l'esprit d'équipage. Et puis chacun a quand même son petit espace personnel", ajoute Ludovic Frenais de Coutard. Un effectif qui va être redispatché sur d'autres bâtiments. Certains iront même sur le tout nouveau sous-marin qui va être mis à l'eau à Cherbourg le 12 juillet, le Suffren. 

Démantèlement et déconstruction

Le Saphir est le premier des six SNA français à être démantelés à Cherbourg. "Sa coque a un peu moins bien vieilli que son prédécesseur, le Rubis (qui doit arriver à Cherbourg pour le même sort en décembre 2020)", explique l'ingénieur en chef Olivier, directeur de l'établissement de contrôle de la direction générale de l'armement (DGA) de Cherbourg. "D'ici la fin de l'année, le cœur et la batterie nucléaires vont être débarqués et le confinement doit ensuite être reconstitué", précise l'ingénieur Anne, manager démantèlement. Une opération qui sera effectuée dans le forme du Homet, avant une mise à quai du Saphir prévue en mai 2020. 

Le Saphir "pèse" environ 2.500 tonnes ; Le Suffren en fera 5.000 ; et un sous-marine nucléaire lanceur d'engins atteint en moyenne 14.000 tonnes

Le démantèlement (dénucléarisation du navire) est un processus très long, qui consiste en trois phases :

  • le déchargement du cœur (huit à neuf mois) dans la forme du Homet 
  • le confinement du compartiment réacteur et la séparation du reste de la coque
  • trente à quarante ans plus tard, la tranche du réacteur est découpée en petits morceaux, en colis

Une fois que la séparation du réacteur et de la coque est effectuée, place à la déconstruction, le découpage de la coque, sous l'égide de Naval Group : elle devrait intervenir à partir de septembre 2024 pour le Saphir. "Pour nous, en matière nucléaire, le facteur temps est un ami", explique l'ingénieur en chef Olivier. 

La DGA va intervenir dès le début du mois de juillet : le transfert de compétences de la Marine à la Direction générale de l'armement aura lieu à la fin juillet.