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Société

EN IMAGES - Dans la décharge sauvage de Carrières-sous-Poissy, les riverains mènent l'enquête

samedi 28 avril 2018 à 21:46 Par Pierre Coquelin, France Bleu Paris

L'association Rives de Seine Nature Environnement a organisé une opération "Investigation" ce samedi dans la décharge illégale de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines. Une "mer de déchets" devenue symbole des décharges sauvages d'Île-de-France.

Une dizaine de riverains a participé à une opération "Investigation" ce samedi à Carrières-sous-Poissy
Une dizaine de riverains a participé à une opération "Investigation" ce samedi à Carrières-sous-Poissy © Radio France - Pierre Coquelin

Carrières-sous-Poissy, France

"N'hésitez pas soulever les planches, parce qu'il y a des documents qui sont là depuis plusieurs mois. Donc il faut fouiner pour les retrouver". Le président de l'association Rives de Seine Nature Environnement, Anthony Effroy, et une dizaine de riverains de la décharge sauvage de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, s'activent auprès d'un amas de déchets. 

Au milieu des gravats, les habitants ont pu découvrir des classeurs entiers de documents - Radio France
Au milieu des gravats, les habitants ont pu découvrir des classeurs entiers de documents © Radio France - Pierre Coquelin

Au total : une quarantaine d'hectares de cette ancienne plaine maraîchère, envahis de monticules de gravats, de fenêtres, de pots de peinture, de laine de verre... Près de 8000 tonnes de déchets selon le calcul de riverains, avec parfois des amoncellements de près de 2 mètres de haut. Armé de gants et de masque ("pour éviter de respirer s'il y a des résidus d'amiante"), Bernard ne sait pas par où commencer. "Là, on vient de trouver un morceau de colis. Une livraison Porte de Montreuil. Ce que ça fait là ? That is the question", ironise le riverain. 

Travail de détective

C'est le deuxième rassemblement en seulement 15 jours. Lors du premier, les habitants avaient réussi à identifier une petite dizaine d'adresses. "On essaye de les contacter pour comprendre comment leurs documents ont pu se retrouver là. Souvent, on s'aperçoit que ces sociétés ont fait appel à des prestataires qui sont venus décharger ici", explique le président Anthony Effroy. 

"On se rend compte que ce sont des entreprises très spécialisées dans le retraitement de déchets, qui font des chiffres d'affaires qui dépassent parfois les 10 millions d'euros par an, et qui ont une certification. C'est un comble", se lamente Anthony Effroy. 

L'association environnementale présidée par Anthony Effroy vient de déposer plainte contre X - Radio France
L'association environnementale présidée par Anthony Effroy vient de déposer plainte contre X © Radio France - Pierre Coquelin

"ça leur coûte moins cher de les mettre là, que dans la déchetterie qui est à quoi... 300 mètres", explique Pascal. L'association dénonce un manque d'investissement des pouvoirs publics. Du côté des collectivités locales, on assure avoir pris le problème à bras le corps.  Mais trier les déchets et nettoyer le site... ça va prendre plusieurs mois.  Et surtout, il faut trouver qui va payer, car la facture est salée : au moins 1 million d'euros au total.  Un chiffre largement sous-estimé selon des membres de l'association... 

"Ils sont prévenus depuis l'été dernier, mais aucune plainte n'a été déposée", commente Anthony Effroy. Avec son association, il vient de déposer une plainte contre X pour "gestion irrégulière de déchets" et "mise en danger de la vie d'autrui" auprès du procureur de la République. 

Les contrevenants risquent jusqu'à 3 ans de prison et 75 000 euros d'amende pour atteinte grave à l'environnement.