Société

EN IMAGES - Les trois cloches de l'église Saint-Pierre de Caen ont été descendues

Par Pierre Coquelin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) mercredi 10 mai 2017 à 23:02

Trois campanistes ont procédé à cet enhunage, terme technique pour désigner la descente des cloches
Trois campanistes ont procédé à cet enhunage, terme technique pour désigner la descente des cloches © Radio France - Pierre Coquelin

Débuté en septembre, le chantier du clocher de l'église Saint-Pierre de Caen a franchi une nouvelle étape. Les 3 cloches ont été descendues ce mercredi. Elle seront réinstallées fin 2018-début 2019.

Dans l'entrée de l'église, tout est très sécurisé. Sous le clocher, un périmètre a été délimité avec des bandes blanches et rouges. Les trois campanistes s'activent, des "ouvriers-acrobates" chargés de l'opération. Tout se joue au millimètre pour faire descendre les trois cloches, pesant chacune 1150 à 2300 kilos. Une descente progressive, de 23 mètres, pendant une vingtaine de minutes, à l'aide d'un treuille.

La première à être descendue, c'est Pierre, le bourdon, la plus imposante (2300 kilos). Elle a été bénie en 1808. "On a toujours un petit pincement au coeur quand les cloches sont en bas", confie Lionel, l'un des campanistes. Il est pourtant habitué de ce genre d'opérations : Notre-Dame de Paris, la cathédrale d'Orléans, celle d'Albi. "Des cloches de plus de 2 tonnes, on n'en descend pas tous les jours", complète le salarié de l'entreprise Bodet.

Silence de cathédrale

Après Pierre, c'est au tour de la moyenne, Paul, puis d'Anne, la plus "petite" (1150 kilos tout de même !) et la plus ancienne (elle a été bénie en 1668) d'atterrir. Une opération qui se déroule dans un silence... de cathédrale, sous le crépitement de appareils photos et le regard rempli d'émotion des spectateurs. Parmi eux, le curé de la paroisse, le frère Philippe-Olivier. "Je suis déjà monté dans le clocher, donc je les ai déjà vues, mais là, c'est très impressionnant. Au niveau de la grosseur, de la grandeur. Et surtout de les voir descendre dans ce silence, c'est presque un acte religieux, spirituel... c'est très beau", juge-t-il. Nicole acquiesce. "C'est une découverte, c'est très émouvant", explique celle qui s'occupe du nettoyage du lieu de culte depuis dix ans.

Sur le bourdon, on peut lire quelques inscriptions : "L'AN 1808 AU MOIS DE 7 BRE J'AI ETE FAITE SOUS L'ADMINISTRATIONDE MRS DELA PIGACIERE CHRETIEN ET DESMALIS MARGUILIERS DE LA FABRIQUE EXTERIEURE DE L'EGLISE ST PIERRE DE CAEN".

Frère Philippe-Olivier : "Un acte religieux, spirituel"

Retour dans le clocher fin 2018-début 2019

Cette opération est une nouvelle phase dans le chantier du clocher, débuté en septembre dernier. Chantier qui a notamment pour objectif de consolider le beffroi, l'ossature en bois du clocher.

Les cloches sont muettes depuis le début des travaux en septembre. Elles vont être nettoyées, notamment pour découvrir le nom de fondeurs. Les fidèles pourront les admirer à l'entrée de l'église "pendant un an environ", explique l'architecte à la direction des Bâtiments de la ville de Caen. Elles devraient retrouver leur place à la fin du chantier, fin 2018-début 2019.

Les cloches sont dans un bon état. Elles vont être nettoyées puis exposées dans l'entrée de l'église.  - Radio France
Les cloches sont dans un bon état. Elles vont être nettoyées puis exposées dans l'entrée de l'église. © Radio France - Pierre Coquelin