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Société

En Lozère, la viande c'est sacré !

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Par , France Bleu Gard Lozère

Au pays des vaches Aubrac, le menu végétarien dans les cantines scolaires ne passe pas. Depuis le mois de novembre, la loi impose aux cantines scolaires de servir un repas végétarien par semaine aux élèves. Une nouvelle règle pas encore au menu du jour en Lozère.

 À la cantine de Rieutort-de-Randon, on mange de la viande ou du poisson tous les jours de la semaine.
À la cantine de Rieutort-de-Randon, on mange de la viande ou du poisson tous les jours de la semaine. © Radio France - SAID MAKHLOUFI

C’est le petit matin chez Christophe Tuzet éleveur de bovins à Rieutort-de-Randon. Le soleil se lève à peine, mais lui et son père Jean-Baptiste sont debout depuis des heures pour donner à manger aux bêtes. Les deux hommes sont des amoureux des bêtes et de leur chair, ce sont des "viandards" : "On mange de la viande midi et soir et tous les jours. Avant, j’en mangeais même le matin, ajoute Jean-Baptiste. Sans ça, on ne tiendrait pas le coup toute la journée au travail". 

Dans la famille Tuzet la viande a son importance. Chez eux, comme chez beaucoup de familles de la commune, et ça le maire l’a bien compris. "On est dans un pays d’élevage, explique Patrice Saint-Léger. Je préfère donc servir aux enfants de la viande locale plutôt que du soja transformé venu d’ailleurs." 

Le maire a fait le choix de ne pas mettre en place le menu végétarien hebdomadaire dans la cantine de sa commune. Uun choix qui convient à Christophe Tuzet : "Ma fille de quatre ans mange à la cantine et si un jour on nous impose le repas végétarien alors elle mangera à la maison. Ce sera ma façon de dire que je suis contre cette loi."

Le reportage de Said Makhloufi

Christophe Tuzet éleveur de bovins à Rieutort-de-Randon - Radio France
Christophe Tuzet éleveur de bovins à Rieutort-de-Randon © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Sur son exploitation, Christophe Tuzet est au milieu de ses bêtes, en bleu de travail, râteau à la main. L’éleveur n’en a pas fini avec sa journée de travail. 

"Aujourd’hui, les gens mangent de moins en moins de viande et ça se ressent sur nos ventes."

moi le végétarien je suis contre surtout ici en Lozère - Radio France
moi le végétarien je suis contre surtout ici en Lozère © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Dans la cantine du village, Annie est en plein préparatifs : couverts et carafes d’eau sont posées sur les tables. Dans deux heures, les enfants vont débarquer en courant avec le ventre qui gargouille, affamés et plutôt excités. Au menu ce midi, elle a préparé "des cordons bleus avec des petits pois carotte. Hier, c’était du veau, jeudi du porc et vendredi du poisson. Annie, la cantinière, poursuit : "Moi, le végétarien, je suis contre, surtout ici en Lozère. On a de la très bonne viande. Plutôt que le végétal, il faut privilégier les produits locaux."

Le menu de la semaine à la cantine de Rieutort-de-Randon - Radio France
Le menu de la semaine à la cantine de Rieutort-de-Randon © Radio France - SAID MAKHLOUFI

La commune de Rieutort-de-Randon, n’est pas la seule commune de Lozère à refuser le plat végétarien à la cantine : Florac, Nasbinals, Malbouzon et bien d’autres encore. Le sujet est sensible dans un département où neuf agricultures sur dix sont éleveuses

La journée de Christophe se termine comme la journée de classe de sa fille Mélissa. Devant l’école, les parents d’élèves attendent, tout en discutant du repas végétarien. Pour Marion, maman d’un petit garçon, il faut le mettre en place : "Je trouve ça bien de faire découvrir autre chose aux enfants. Ce n’est pas parce qu’on est dans un département où l’on mange beaucoup de viande qu’il faut interdire le menu végétarien." Un autre parent de l’école est contre le menu végétarien : "Il ne faut pas imposer les choses. Je trouve que faire une loi pour cela est ridicule."

En Lozère, terre d’élevage, on ne se nourrit pas que de viande matin, midi et soir. Certains villages, certaines écoles ont adopté le principe du plat végétarien ou en tous cas le souhaitent fortement. 

Direction Barjac, petit village près de Mende. Ce vendredi midi, Jean-Luc, le cantinier, va tenter de mettre en place son premier menu végétarien. "J’ai fait un chili avec des haricots rouges sans viande, du riz, une salade de concombres et un fruit, détaille-t-il. Moi ça ne me dérange pas de faire le plat végétarien, mais c’est vrai que c’est plus compliqué à faire. On ne trouve pas tous les produits en Lozère, surtout en grande quantité comme les haricots rouges. Il faut donc les faire venir de loin et ça coûte. Le menu végétarien est le repas le plus coûteux de ma semaine."

Jean-Luc Audoin, va mettre en place son 1er menu végétarien  - Radio France
Jean-Luc Audoin, va mettre en place son 1er menu végétarien © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Le repas végétarien, quel intérêt pour la Lozère ?

La chambre d’agriculture de la Lozère a lancé un appel aux élus lozériens, leur demandant de ne pas inscrire au menu de leurs cantines scolaires de repas végétarien hebdomadaire comme plat unique : "Dans l’intérêt de notre beau département, des femmes et des hommes qui l’entretiennent et de celles et ceux qui en vivent, nous encourageons tous les maires et élus en charge de la restauration de nos plus jeunes à répondre aux objectifs de la loi à savoir une alimentation saine, durable et accessible, tout en n’imposant pas de repas végétarien comme plat unique, indique le courrier. Nous rappelons que la Loi Egalim ne prévoit pas de sanction pour les collectivités qui ne respectent pas le repas végétarien une fois par semaine et remercions les élus de la République qui se sont déjà engagés dans cette prise de position vitale pour l’avenir de notre département."
 

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