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En Lozère, une nouvelle vie en pouponnière

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Par , France Bleu Gard Lozère

Ce sont des bébés ou des jeunes enfants. Abandonnés à la naissance ou alors victimes de violences familiales, ils sont mis en sécurité dans une pouponnière. Terre de Cévennes le magazine de la rédaction vous propose de découvrir ce dispositif de l’aide sociale à l’enfance.

La pouponnière de la Lozère
La pouponnière de la Lozère © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Une pouponnière accueille en urgence des enfants nés sous X ou séparée de leurs parents par décision de justice. En Lozère Karine, Emma, Yolande et l'équipe de puériculture s'occupent de ces nourrissons, en espérant que l'avenir va leur réserver une heureuse surprise. Le long d’une route, à l’abri des regards dans un lieu où la discrétion est la règle se dresse un immeuble comme un autre. L’endroit est fermé de l’intérieur, impossible d’enter sans autorisation, c’est le directeur des lieux qui nous accueille Yannick Aguilhon : "On a six places et on accueille des enfants de 0 à 6 ans. Ils nous arrivent d’accueillir des enfants qui ont, deux ou trois jours, des enfants nés sous X ou des enfants abandonnés". En ce moment, la pouponnière accueille 5 enfants, le plus jeune s’appelle Ryan et il a 9 mois. Ryan explique Yannick est arrivé suite à des suspicions de maltraitance. À son arrivée, ici, il était en insécurité, mais il est surtout très en retard pour un enfant de neuf mois. Ryan a besoin de s’éveiller et il a besoin d'exercices quotidiens au côté de Karine Auxiliaire puéricultrice. 

Tous les enfants ici ont des carences

 À côté de Ryan, Elodie, 4 ans, regardent l’horloge accrochée au mur. Elodie est impatiente, surexcitée, aujourd’hui, c’est vendredi, sa maman va venir la chercher pour une sortie de 48 h, une sortie autorisée par le juge. Elodie est à la pouponnière depuis plus d’un an, comme les autres enfants elle a été placée ici par mesure de protection. Petite dernière d’une fratrie e de 4 enfants elle a vécu dans une famille où l’on soupçonne des violences. La garde d’Élodie a été retirée aux parents et ses 3 frères aussi ont été placés. Ils ont été accueillis dans des structures adaptées à leur âge. Ce vendredi soir la maman d’Élodie passe la porte des pouponnières avec ses 3 fils, elle vient chercher sa fille : "Ma fille me manque raconte cette mère, ici elle vit bien, mais pour moi, c’est dur. Mon objectif est de récupérer tous mes enfants, je dois montrer au juge que je suis en capacité de m’en occuper de nouveau."

Le reportage de Said makhloufi

La pouponniére de la Lozère
La pouponniére de la Lozère © Radio France - SAID MAKHLOUFI

 Le week-end est derrière nous, le début de semaine commence, le petit-déjeuner et sur la table de la salle à manger. Karine traverse la cuisine qui donne sur un long couloir où l’on trouve 6 petites chambres avec 6 petits lits. Après un week-end chez ses parents, Élodie est de retour à la pouponnière. Depuis son retour, le comportement d’Élodie à changer observe Guylaine auxiliaire puéricultrice à la pouponnière: "On ressent beaucoup d’animosité depuis son retour. Il y a des choses qui ont changé par rapport à la semaine dernière." Chaque retour en famille est délicat tout comme le retour à la pouponnière et il faudra quelques jours encore à Élodie pour retrouver ses habitudes. Henri à 4 ans, c’est l’un des plus anciens pensionnaires de la pouponnière, le petit garçon est arrivé en 2018. Le petit garçon souffre de problèmes d’attention, Yolande, éducatrice, s’occupe de lui, ce matin, elle doit déposer un papier important à l’école : On a monté un dossier pour qu’il obtienne une AVS à la rentrée prochaine. Il en a besoin". La pouponnière va s’efforcer d’aider Henri le temps qu’il passera ici. 

Dans la majorité de cas, les bébés ont une maman socialement démunie, mais également en grande souffrance psychique

La pouponnière est une petite maison pour enfants, elle ressemble à une crèche, même agencement, même niveau de sécurité, tout est pensé à hauteur d’enfants. La différence avec la crèche, c’est qu’ici, on y reste 24/24. Ce n’est pas une crèche, c’est un foyer pour des enfants délaissé, abandonné. La pouponnière accueille, protège, aide, prend soin des enfants qui lui sont confiés. Dans la majorité de cas, les bébés ont une maman socialement démunie, mais également en grande souffrance psychique, une souffrance que l’on retrouve dans les yeux des enfants accueillis à la pouponnière, Guylaine se souvient d’un soir où des enfants en grande détresse sont arrivés.

Ils sont arrivés dans un état épouvantable et là, c’est très dur pour nous. C’est important aussi pour nous de pouvoir se protéger.

 Se protéger face à la misère humaine qu’elle côtoie au quotidien une misère que tous les travailleurs sociaux connaissent, un sentiment décuplé a la pouponnière, il s’agit là de jeunes enfants. Yolande, Guilaine, Emma, Karine, Anne, qu’elle soit auxiliaire puéricultrice, éducatrice ou veilleuse de nuit, toutes ses femmes accompagnent des enfants qui ont vécu des choses difficiles à raconter ici. Elles font face tous les jours à la détresse des enfants. La pouponnière est une étape de transition, les enfants accueillirent iront ensuite dans une famille d’accueil où retournera chez leurs parents biologiques tout dépendra du juge des enfants. En attendant, la pouponnière tente de redonner à ses enfants un semblant d’équilibre. Un semblant de vie.

La pouponnière accueille, protège, aide, prend soin des enfants qui lui sont confiés
La pouponnière accueille, protège, aide, prend soin des enfants qui lui sont confiés © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Les pouponnières à caractère social ont pour objet de garder, jour et nuit, les enfants de moins de trois ans qui ne peuvent ni rester au sein de leur famille, ni bénéficier d'un placement familial surveillé et dont l'état de santé ne nécessite pas de soins médicaux.
Les enfants sont confiés par le service départemental de l'aide sociale à l'enfance (ASE) ou par le juge des enfants, dans le cadre d’une protection administrative ou judiciaire, au titre de l’enfance en danger.
En 2017, on dénombrait 94 pouponnières sur le territoire national, proposant 2 008 places au total. Ces établissements sont généralement gérés par le département, directement ou sous forme d’établissement public. Ils sont souvent rattachés à un foyer de l’enfance. Un tiers sont privés, majoritairement sous statut associatif. En 2008, les pouponnières à caractère social employaient 1 228 professionnels, dont 91,2% de femmes. Les enfants, placés dans 70 % des cas suite à ordonnance du juge, y restaient en moyenne 8 mois. 

Des équipes pluridisciplinaires

Les pouponnières sont placées sous la responsabilité d’une équipe de direction entourée d’éducateurs de jeunes enfants (EJE), d’infirmiers puériculteurs et d’auxiliaires de puériculture. Un médecin assure une surveillance médicale. Des paramédicaux (psychomotriciens, ergothérapeutes…) peuvent intervenir ponctuellement. L’équipe est complétée par un psychologue, doté d’un rôle d’écoute et de conseil auprès de l’équipe, des parents et des enfants. Une équipe technique (cuisiniers, blanchisseurs, gardiens…) assure le fonctionnement régulier et l’hygiène générale de la pouponnière.

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