Société

"En maternelle, les autres élèves m'insultaient": le témoignage d'une ado sarthoise harcelée à l'école

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine et France Bleu lundi 16 janvier 2017 à 18:38

Un collégien sur 5 a déjà été victime de cyber-harcèlement et un enfant sur 10 est victime de harcèlement scolaire (image d'illustration)
Un collégien sur 5 a déjà été victime de cyber-harcèlement et un enfant sur 10 est victime de harcèlement scolaire (image d'illustration) © Maxppp - Philippe Arnasson

Aujourd'hui âgée de 11 ans, une adolescente sarthoise a témoigné lundi du harcèlement qu'elle a subi, très jeune, à l'école maternelle. Une semaine de sensibilisation au harcèlement scolaire a lieu en Sarthe à l'initiative de l'assurance scolaire MAE.

"C'était en maternelle. Les autres m'aimaient pas trop. J'ai attendu très très longtemps pour en parler", explique cette adolescente sarthoise qui ne souhaite pas donner son prénom. Sa copine en a été le témoin :

J'étais dans son école et j'ai vu tout ce qui se passait. Comme elle louchait un peu, tout le monde l'insultait."

La semaine de prévention contre le harcèlement scolaire a commencé par ce témoignage très fort au collège de Ballon. 32 classes de collégiens sarthois vont pouvoir parler de ce sujet cette semaine, à l'initiative de l'assurance scolaire MAE. Les violences répétées envers un enfant dans une classe toucheraient 1 enfant sur 10. Et un collégien sur 5 a déjà subi des violences sur internet. Un numéro vert gratuit existe pour obtenir de l'aide : le 3020.

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Le harcèlement, "ça isole"

Alors que faut-il faire ? "Moi je restais tout le temps avec elle pour pas qu'elle soit toute seule", continue la copine. Et l'ado concernée conseille :

Il faut en parler, ne pas rester sur soi-même parce que sinon ça peut empirer. Parce que la personne sait que tu es très faible à cause d'elle et donc elle va continuer. C'est pour ça qu'il ne faut pas le garder pour soi".

Elle a finalement tout raconté à ses parents, un soir. "Ils sont allés voir la maîtresse qui a expliqué pourquoi ça n'était pas bien. Elles sont venues s'excuser". Dans la classe de 25 élèves de 6e, deux autres ont été témoins directs ou victimes de harcèlement. Et l'enseignant et responsable de la prévention à la MAE de la Sarthe, Bruno Rebouilleau, a encore un exemple en tête. Celui d'une jeune adolescente qui recevait de nombreux textos mais aussi des vidéos via les réseaux sociaux. "Elle l'a dit à ses parents, car elle ne trouvait pas normal de recevoir ce genre de choses. Et ce sont les parents qui ont demandé à nous rencontrer pour faire remonter le problème".

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En parler à un copain, à un adulte

Au cours de la séance, l'enseignant discute avec les enfants, à partir d'une vidéo : qui est la victime, qui est le harceleur, qui sont les témoins ? Que font-ils et surtout que ne font-ils pas ? Les remarques fusent : "les autres n'interviennent pas"... "ça empire à chaque fois"... La discussion revient régulièrement sur les réseaux sociaux. Alors que l'âge officiel d'inscription sur Facebook est 13 ans, ils ont quasiment tous un profil. "J'ai Snapchat", ajoute l'un. "Et moi Instagram. Mais mon profil est privé et je ne poste qu'à mes amis". Les adolescents de 11 ans ont pour la plupart passé un "passeport Internet" avec un gendarme pendant le CM2.