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Société

En Mayenne, les facteurs "veillent" sur trois personnes âgées

lundi 24 juillet 2017 à 19:39 Par Armêl Balogog, France Bleu Mayenne et France Bleu

A cause de la baisse du courrier, depuis quelques années, le Groupe La Poste a décidé de se diversifier. En mai 2017, il a lancé le service "Veiller sur mes parents" : les facteurs s’assurent que les parents ou grands-parents des abonnés vont bien. Le service a déjà trois abonnés en Mayenne.

En Mayenne, la factrice Nelly Laurent (à gauche) "veille" sur Annie Chenu-Combe, 87 ans (à droite)
En Mayenne, la factrice Nelly Laurent (à gauche) "veille" sur Annie Chenu-Combe, 87 ans (à droite) © Radio France - Armêl Balogog

Châtelain, France

Nelly Laurent parcourt les rues de Châtelain, dans le Sud-Mayenne, à bord de sa voiture jaune, s’arrêtant de boite-aux-lettres en boite-aux-lettres, mais devant une maison, elle coupe carrément le moteur et sonne à la porte.

"Bonjour ! Ça va bien ?" Grand sourire, la factrice s’avance vers Annie Chenu-Combe. A 87 ans, elle vit chez sa petite-fille et son compagnon. Ils ont décidé de s’abonner au service « Veiller sur mes parents » de La Poste au début du mois de juillet. Un service pourtant vivement critiqué lors de son lancement, certains reprochant au groupe de vendre le contact humain.

Une visite pour rompre l’isolement

Annie fait donc partie des trois personnes âgées en Mayenne sur lesquelles veillent les facteurs. Elle accueille Nelly (ou son remplaçant) tous les lundis. "- Vous avez passé un bon weekend ?, demande la factrice – Super ! On a fait un barbecue… et il n’a pas plu !" Les deux femmes parlent météo, coiffure, loisirs, et courrier, évidemment. "C’est toujours bien d’avoir un certain contact avec l’extérieur", commente l’octogénaire.

On est un peu isolé quand on est vieux, c’est comme ça. – Annie Chenu-Combe, 87 ans

"Ça me fait plaisir, elle est adorable", lance-t-elle à celle qui lui répond "Ça me plait moi, ça me change de ma tournée. C’est ma pause, entre guillemets". Nelly en profite pour casser un peu la routine et la cadence. Un peu, car, même si cette halte est comptée dans son temps de travail, elle n’a pas vraiment le temps de s’asseoir. La visite dure cinq minutes environ, le temps de s’assurer que tout va bien.

REPORTAGE - La factrice mayennaise, Nelly Laurent, "veille" sur Annie Chenu-Combe, octogénaire

Rassurer la famille

Avant de partir, la factrice fait signer un formulaire électronique à Annie, pour prouver son passage et attester du fait que tout va bien. Ensuite, Nelly envoie un message à la petite-fille, Gwenaëlle Ménager. "Ça nous rassure", confie-t-elle. D’ailleurs, c’est la factrice – et la publicité – qui l’a convaincue de s’abonner au service proposé par La Poste.

Gwenaëlle voit sa grand-mère tous les matins et tous les soirs, mais elle s'inquiète quand même pendant la journée. "Ça permet, quand on est au travail, au moins de savoir qu’il y a une présence. Douze heures toute seule, ce n’est pas toujours très simple."

"Je suis bien entourée mais quand même, ça me fait un moment agréable, apprécie Annie. Parce qu’ils sont adorables tous les deux mais ils rentrent tard. Gwen est surbookée, elle a beaucoup à faire. Hugo, c’est pareil. Alors c’est bien de voir quelqu’un. D’abord, j’aime bien bavarder."

La téléassistance par bracelet électronique

En plus de la visite hebdomadaire comprise dans l’abonnement de 19,90 euros mensuels, Annie porte un bracelet. En cas de chute, elle peut appuyer dessus pour appeler la téléassistance.

Alors, une personne essaie de prendre contact avec elle et envoie les secours si elle n’obtient aucune réponse. "Au lieu de la retrouver par terre le soir, c’est pris en charge avant, donc c’est bien", se félicite Gwenaëlle, mais "pour l’instant elle n’a pas eu besoin d’appuyer sur le petit bracelet, donc tant mieux".

Le service "Veiller sur mes parents" peut coûter jusqu'à 139,90 euros par mois, pour six visites par semaine et la téléassistance.