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En milieu rural, les aides à domicile au bord de la rupture

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Par , France Bleu Occitanie

Faute de moyens et de personnel, les associations ADMR réalisent des prouesses pour assurer les aides à domicile dans les campagnes. Mais parfois, la bonne volonté ne suffit plus. Dans le nord-Aveyron, le portage des repas sera ainsi supprimé fin février.

Les aides à domicile ont toujours continué leurs missions, malgré le contexte sanitaire.
Les aides à domicile ont toujours continué leurs missions, malgré le contexte sanitaire. © Maxppp - Alexis Sciard

C'est un véritable service public qui n’est pas reconnu en tant que tel, et qui repose sur des associations qui tiennent tant bien que mal. Les aides à domicile, particulièrement en milieu rural, interviennent chez des personnes souvent âgées pour rendre divers services : ménage, garde d'enfants, ou soins infirmiers. Mais le secteur manque cruellement de personnel, et les ADMR essaient de maintenir leurs services malgré tout, jusqu’au jour où ce n’est plus possible. L'épidémie de Covid-19 a aussi compliqué les choses.

Portage des repas supprimé

C'est le cas dans le nord-Aveyron. l’ADMR de Saint-Geniez-d’Olt a décidé de ne plus livrer de repas à domicile à partir du 28 février, alors que le service de portage est assuré depuis plus de dix ans, pour une trentaine de bénéficiaires habitant un peu partout dans la campagne. La question est technique, d'abord : le camion-frigo est à bout de souffle, et n’a plus d’agrément sanitaire à la fin du mois. Et il n’y a pas d’argent pour le renouveler, malgré les demandes d'aides régulières faite par l'ADMR auprès des collectivités locales.

Il arrive un moment où les chiffres sont là : on ne peut plus !

Mais cette décision n’a pas été facile à prendre, et elle a fait débat au sein de l’association explique Anne-Marie Hygonnet, la directrice de l'ADMR de Saint-Geniez-d’Olt : "Il arrive un moment où les chiffres sont là : on ne peut plus ! Ou alors il faudrait qu'on vende le repas 20 euros, mais ce n'est pas possible. (...) On n'arrête pas de gaieté de cœur".

C'est d'ailleurs le tiraillement incessant pour les ADMR : comment assurer ce service public sans perdre d'argent ? "Quand on va porter deux repas dans un petit village dans la montagne, qu'on fait 25 kilomètres aller, puis 25 au retour, et qu'on ne peut pas faire payer le repas plus de 9 euros, vous comprenez bien qu'on perd de l'argent, c'est obligatoire" explique Anne-Marie Hygonnet.

Et il n'est pas envisageable de faire payer les bénéficiaires plus cher : "Les gens qui nous prennent les repas chez nous n'ont pas beaucoup de moyens. Ce sont des personnes âgées, dans des endroits isolés. C'est un vrai service public !"

Des employées mal considérées et mal payées

Des ADMR qui arrivent aussi tout juste à payer les employés, alors que la grille de salaires fixée par l’État est pourtant très faible. Les Départements qui subventionnent les ADMR s'alignent sur cette grille, et souvent, les associations ne peuvent donc pas augmenter les salaires, même si elles le voulaient.

Résultat, le secteur a du mal à recruter. Et en plus les employées, généralement des femmes, doivent souvent utiliser leur propre voiture pour se rendre chez les usagers. Dans le Gers, Lucie Mazières de la CGT a lancé un collectif pour défendre ces salariées : "sur un salaire pauvre, il faut en plus avoir de quoi mettre de l'essence pour aller travailler. On va vous rembourser un peu de frais, mais ça ne correspond pas à la réalité".

Les gens les prennent pour des bonniches.

Mais il n'y a pas que ça. Outre les salaires dérisoires, la profession n'a pas une image attractive, et les aides à domicile manquent de considération, rappelle l'Aveyronnaise Anne-Marie Hygonnet : "Souvent, les gens les prennent vraiment pour des bonniches. Ce n'est pas que du ménage, au contraire ! Elles s'occupent de gens qui ont l'Alzheimer, ou des handicaps. Il faut des compétences". 

Un enjeu de société sur le maintien à domicile des personnes âgées

La syndicaliste gersoise Lucie Mazières appelle à la création d'un "grand service public unique" de l'aide à domicile, où il faut "tout réglementer, tout mettre à plat". Revaloriser la profession alors qu'aujourd'hui "elle ne fait pas rêver".

C'est même un enjeu de société, sur la vieillesse, l'autonomie, et le maintien à domicile, qui plus est avec l'épidémie de Covid-19. Mais le chemin est encore long. Rien qu'en Aveyron, l’ADMR estime le manque de personnel à 60 emplois équivalents temps plein.

La loi "Grand-Âge" repoussée après le quinquennat

"Aujourd'hui, nous avons besoin de recruter une centaine de personnes. C'est un phénomène qui a tendance à s'amplifier, dans un contexte où nous n'avons pas de réponse des pouvoirs publics sur la reconnaissance de nos métiers. Les assistantes de vie sont mal payées, et nous sommes écartés du Ségur de la Santé. Toute la branche du soin à domicile avait travaillé sur une nouvelle qualification des salaires dans la convention collective, mais _l'Etat a rejeté cet accord_. Quant à la loi "Grand Âge", elle est reportée, nous ne savons s'il elle sera étudiée d'ici la fin du quinquennat, tout cela n'est pas très attractif pour notre secteur." témoigne Daniel Fabre, le directeur de l'ADMR du Tarn , invité de France Bleu Occitanie

Daniel Fabre , directeur de l'ADMR du Tarn invité de France Bleu Occitanie

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