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En Moselle, l'hôpital public tire la sonnette d'alarme

Par Lucas Valdenaire et Rachel Noel, France Bleu Lorraine Nord mardi 27 septembre 2016 à 16:52

Cette année, les urgences de l'hôpital Mercy ont accueilli 45.000 patients contre 38.000 en 2014.
Cette année, les urgences de l'hôpital Mercy ont accueilli 45.000 patients contre 38.000 en 2014. © Radio France - Rachel Noel

C'est un appel au secours. Ce lundi, les praticiens hospitaliers étaient en grève pour défendre leurs conditions de travail. Surcharge de travail et trop peu de personnel, la situation est catastrophique. Reportage aux urgences de l'hôpital Mercy à Metz.

La grève de ce lundi a été très suivie. Aux urgences du CHR de Metz-Thionville, il y a eu près de 95% de grévistes, selon les syndicats. Au niveau national, 80% des anesthésistes et entre 30 et 40% des autres spécialistes ont suivi le mouvement.

Une grève massive pour dénoncer, entre autre, un temps de travail qui frôle plus souvent les 60h que les 48 prévues, un manque de personnel et des salaires trop bas. Forcément, les conditions de travail et d'accueil à l'hôpital se dégradent sérieusement.

"C'est de l'esclavage moderne"

Selon un questionnaire du syndicat Samu-Urgences de France, sept médecins urgentistes sur dix seraient en burn-out ou proche de l'être. Ahmed Laroui, 46 ans, est médecin depuis 15 ans aux urgences de Mercy. Malgré son engagement, il ressent au quotidien cette difficulté à travailler sans moyens et avec des horaires à rallonge : "le découragement, c'est surtout l'impression d'être seul et qu'il y a énormément de monde. C'est la prise en charge des patients. Avec des délais de plusieurs heures. Ce que ressentent les patients, on le ressent aussi."

"C'est de l'esclavage moderne", Ahmed Laroui, médecin aux urgences de Mercy.

C'est une fatigue morale. Les gens sont en burn-out mais ils ne veulent pas le reconnaître.

A réécouter sur France Bleu Lorraine :

Le reportage de Rachel Noel aux urgences de Mercy à Metz

"Un malaise global"

Le chef de service et président de Samu - Urgences de France, François Braun était notre invité ce lundi matin. Il confirme : "c'est encore plus compliqué aux urgences".

"Il y a un malaise global à l'hôpital", François Braun, président de Samu-Urgences de France - Radio France
"Il y a un malaise global à l'hôpital", François Braun, président de Samu-Urgences de France © Radio France - Rachel Noel

Il y a une augmentation insupportable de la pénibilité pour les soignants. Nous avons des difficultés pour assurer les plannings de garde. La charge de travail augmente régulièrement.

"Les hôpitaux de taille importante augmentent de 5% par an leur taux de fréquentation au niveaux des urgences." Les urgences de Mercy sont passées de 38.000 patients en 2014 à 45.000 en 2016. Et François Braun rappelle que le malaise touche toute la profession.

Nous avons vu la réaction des infirmières par rapport à cette pénibilité et le suicide de certaines d'entre elles. Le malaise est global.

A réécouter : l'interview complète de François Braun, l'invité de France Bleu Lorraine ce mardi matin.

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