Société

En quoi consiste le Service militaire volontaire inauguré par François Hollande ce jeudi ?

Par Thibaut Lehut, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 29 octobre 2015 à 15:57 Mis à jour le jeudi 29 octobre 2015 à 16:11

Le SMV veut former 1.000 personnes en deux ans, pour commencer.
Le SMV veut former 1.000 personnes en deux ans, pour commencer. © Maxppp

François Hollande inaugure ce jeudi le Service militaire volontaire. Le dispositif, imaginé après les attentats de janvier, va être testé dans trois centres dont celui de Montigny-lès-Metz (Moselle), que le chef de l'Etat a choisi pour son déplacement.

Le dispositif lancé ce jeudi par François Hollande en Moselle ne correspond ni au retour du service militaire, ni au service civique. Ce Service militaire volontaire (SMV) a été imaginé après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher en janvier dernier. Conçu pour inculquer le "vivre ensemble" à des jeunes en difficulté, il vise à les aider à accéder au marché du travail au terme d'un cursus d'apprentissage encadré par des militaires. Comment va-t-il fonctionner exactement ?

"Des jeunes en situation de décrochage ou de marginalisation" - Général Pillet, responsable du SMV

Ce SMV repose sur le volontariat, comme son nom l'indique. Mais il s'adresse en priorité à des "jeunes en situation de décrochage ou de marginalisation", sur le modèle d'un dispositif qui existe déjà outre-mer, explique le général Vianney Pillet, responsable du programme. Les candidats doivent avoir entre 18 et 25 ans, et se lancent dans un cursus qui peut durer de six à douze mois, selon le métier qu'ils choisissent d'apprendre.

Un mois de "classes"

Durant le premier mois ils feront leurs "classes", en apprenant "le respect de soi, les règles d'hygiène, le sport quotidien, le respect d'autrui, la ponctualité, la politesse", détaille le général. Pas d'entraînement au tir, en revanche, comme c'était le cas autrefois dans le cadre du service militaire. Au terme de ces trente premiers jours : une première cérémonie ponctuée par une remise de calot (un couvre-chef militaire).

"Apprendre le respect de soi et d'autrui, la ponctualité, la politesse" - Général Pillet, responsable du SMV

Durant les deux à trois mois suivants, les jeunes suivent une formation complémentaire qui leur permet de passer gratuitement le permis de conduire, d'effectuer une remise à niveau scolaire et de suivre des cours d'instruction civique et de secourisme.

Entreprises partenaires

Vient ensuite le temps de la formation professionnelle, qui peut durer de deux à six mois, dans des domaines divers allant du bâtiment aux espaces verts, en passant par les métiers de bouche, d'agent commercial ou de cariste. Le cursus s'achève par la remise d'une "attestation de formation" validant les premiers acquis professionnels. Les entreprises partenaires peuvent ensuite s'engager à poursuivre cette formation et à embaucher les jeunes. En Île-de-France, le parc de loisirs Eurodisney a par exemple offert 30 places de commis de cuisine, hôte de billetterie ou vendeur boutique, et la SNCF 50 places de commercial, opérateur de voie ferrée ou agent de maintenance de matériel.

Le centre inauguré par François Hollande ce jeudi à Montigny-lès-Metz (Moselle) accueille d'ores et déjà 110 jeunes depuis la mi-octobre. C'est l'un des trois centres dans lesquels le dispositif est testé dans un premier temps. Le deuxième est situé à Brétigny-sur-Orge (Essonne) et ouvrira le 3 novembre. Le troisième est à La Rochelle (Charente-Maritime) et sera opérationnel le 13 janvier.

35 à 40 millions d'euros sur deux ans

L'objectif, à terme, est de former 300 personnes cette année, 700 l'an prochain. Le coût de ces deux premières années de fonctionnement s'élève à 35-40 millions d'euros. Une dépense supportée par le ministère de la Défense.