Société

En visite à Bordeaux, Bruno Le Roux salue l'action du Capri

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde vendredi 27 janvier 2017 à 18:12

Le préfet de Gironde Pierre Dartout et le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux
Le préfet de Gironde Pierre Dartout et le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux © Radio France - Stéphanie Brossard

Le ministre de l'Intérieur Bruno le Roux est venu échanger avec les représentants du Capri, le centre de déradicalisation de Bordeaux. Il a salué son action "positive même si ça n'est pas un modèle, car le phénomène est multiple et il faut faire preuve d'humilité".

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux voit le Capri de Bordeaux comme "une expérience positive mais qu'il faut regarder avec humilité en matière de déradicalisation, car il n'y a pas un modèle. Nous construisons en la matière".

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Une initiative intéressante dont il faut s'inspirer

Durant une heure autour d'une table à la préfecture de la Gironde, Bruno Le Roux a échangé avec les acteurs du centre d'action et de prévention contre la radicalisation des individus (Capri), une structure associative née fin 2015 d'un budget de 150 000 euros, financée par l'Etat, la ville de Bordeaux, le département, la région et la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Le ministre de l'Intérieur s'est montré intéressé par la démarche de "cette structure pluridisciplinaire qui est notamment basé sur une forme de déconstruction de ce qui fait la radicalisation, c'est à dire une conception dévoyée de la religion. Et cette capacité à être sur ce que le Recteur appelle de la théologie préventive et dans le même temps des principes laïcs de formation à la République me semble être une initiative intéressante. Et quand une expérience produit des résultats, il faut voir comment on peut la dupliquer sans forcément la généraliser".

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux "on essaie de bâtir une réponse pluridisciplinaire"

36 prises en charge en un an au Capri de Bordeaux

Il n'y a pas de profil type dans les 36 cas suivi depuis un an au Capri de Bordeaux. La moyenne d'âge est de 22 ans. Ce sont des hommes à 60% et des femmes à 40%. Impossible aujourd'hui de dire s'ils sont ou non sortis d'affaire, s'il y aura ou non des rechutes. Il faut être modeste en la matière sur ce sujet qui revêt différentes facettes. "On peut mettre beaucoup de choses derrière ce mot de radicalisation" explique Marik Fetouh le secrétaire général du Capri et adjoint au maire de Bordeaux. "C'est un ensemble de facteur qui fait qu'un jeune se radicalise, donc il faut s'adapter et faire du cousu-main pour chacun et compter sur la famille. Si l'entourage refuse de travailler avec nous, on ne peut pas réussir".

Depuis un an, le Capri de Bordeaux a beaucoup échangé avec d'autres expériences menées à Montréal, en Suède (où l'approche est aussi centrée sur la famille) mais aussi à Mulhouse. Toulouse Strasbourg et Le Havre sont aussi intéressées par la démarche.

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