Société

Malgré sa trisomie, Michel reste un travailleur alsacien comme un autre

Par Charlotte Jousserand, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass mardi 14 mars 2017 à 22:36

Michel Schramm travaille depuis plus de 20 ans à l'Esat de Duttlenheim
Michel Schramm travaille depuis plus de 20 ans à l'Esat de Duttlenheim © Radio France - Charlotte Jousserand

Mélanie, une jeune femme trisomique, a présenté la météo à la télé ce mardi soir. Une façon de montrer de quoi les personnes en situation de handicap mental sont capables. A l'Esat de Duttlenheim, Michel démontre ses compétences au quotidien.

Ce mardi soir, Mélanie, une jeune femme trisomique de 21 ans, a présenté la météo sur France 2.

Quelques minutes à l'antenne pour montrer que les personnes en situation de handicap mental sont capables de faire les choses. En France, 700.000 personnes sont concernées par ce handicap. Dans le Grand Est, selon l'Urapei d'Alsace, 70.000 personnes sont touchées.

A l''ESAT des Ateliers de la Bruche, à Duttlenheim dans le Bas-Rhin, cela fait 40 ans que l'on croit dans les capacités de ces adultes. Dans cet établissement de services et d'aide par le travail, plus de 180 personnes en situation de handicap mental travaillent sur différents ateliers. Michel Schramm est l'un d'entre eux. Il est arrivé ici en 1992. Ce quadragénaire est lui aussi trisomique.

Michel Schramm, petite doudoune bleu sans manche et sourire aux lèvres, est blagueur mais a un emploi du temps chargé. Il travaille deux jours par semaines à l'Esat et en fin de semaine, le jeudi et le vendredi, il part travailler en entreprise, en milieu dit "ordinaire". En plus, il y a les répétitions de son groupe de musique le Yvon's band, où il joue de la batterie, et aussi les cours de danse folklorique alsacienne.

Le reportage France Bleu Alsace - Charlotte Jousserand

Cela fait 25 ans que Michel Schramm travaille dans l'Esat des ateliers de la Bruche. Il assemble des cartons, des robinets, des paraboles. "Je suis trop bien, je suis trop fort", raconte malicieusement le quadragénaire. Pour Michel, son métier "c'est son passe-temps" et puis ça permet "de gagner un peu d'argent". Michel Schramm apprécie travailler en Esat et aussi en entreprise : "Là bas, il y a un monsieur qui me connaît très bien et il est content quand je travaille".

Une cinquantaine d'entreprises partenaires de l'Esat de Duttlenheim

L'Esat de Duttlenheim travaille avec une cinquantaine d'entreprises. Les partenariats ne "commencent pas du jour au lendemain", raconte Christa Hartweg, la directrice, "le handicap mental fait encore peur" alors "on préfère fuir". Mais l'Esat travaille pour l'inclusion des personnes en situation de handicap mental dans les entreprises et les choses progressent petit à petit.

"Changer les mentalités, cela met beaucoup de temps" - Christa Hartweg, directrice Esat les ateliers La Bruche

Notamment grâce aux personnes en situation de handicap mental qui travaillent en entreprise comme Michel explique Christa Hartweg ": Le fait de les intégrer en entreprise, cela fait évoluer les choses, souvent on a des retours de gens qui disent "ah mais on pensait pas que c'était possible qu'elles savent faire autant de choses" et du coup le regard sur le handicap change".

Chaque année, entre une et deux personnes de l'ESAT de Duttlenheim sont embauchées par les entreprises. Le taux de chômage pour les personnes en situation de handicap est deux fois plus élevé que pour les personnes sans handicap. La route pour l'inclusion est encore longue, selon une étude Ipsos réalisée sur demande de l'Udapei, plus de 67% des Français ont au moins une idée reçue sur le handicap mental.

Dans ce court métrage de Genevieve Clay-Smith et Robin Bryan abordent la place du handicap mental dans la société et notamment dans le monde du travail.