Société

Strasbourg : pas assez de places pour accueillir les sans-abri ?

Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass jeudi 19 janvier 2017 à 0:35

Les associations mettent en cause la politique de la ville et du 115
Les associations mettent en cause la politique de la ville et du 115 © Maxppp -

Depuis début janvier, alors que le 115 affirme accueillir toutes les personnes qui composent leur numéro, des associations critiquent la prise en charge des SDF à Strasbourg, affirmant que 200 personnes dorment dans la rue malgré le plan grand froid, un son de cloche confirmé par un élu municipal.

Depuis le début de la vague de froid le 5 janvier 2017, les associations, notamment Strasbourg Action Solidarité ou le collectif SDF Alsace, mettent en cause la politique d'accueil d'urgence des sans-abri à Strasbourg. Alors que le 115 assure avoir débloqué 77 places en urgence et n'avoir refusé personne, les associations jugent les actions insuffisantes.

Jérome Feuerstein, secrétaire de Strasbourg Action Solidarité, l'affirme : ce mardi dernier, jour de maraude, une cinquantaine de personnes se sont vues refuser l'entrée du gymnase réquisitionné :

Ces personnes n'ont pas pu être acceptées car le gymnase n'accueille que les familles. A la place, on nous a proposé des cafétérias avec des chaises et des néons au-dessus de la tête pour dormir.

"Ce qu'il manque, c'est une politique de fond"

Selon ces associations, 200 personnes continuent de dormir dans la rue la nuit, un chiffre confirmé par le vice-président de l'Eurométropole en charge de l'habitat et conseiller municipal à Strasbourg, le Dr Syamak Agha Babaei :

Evidemment, il n'y a pas assez de place, on aurait pourtant les moyens et les locaux pour loger tout le monde mais on n'en a pas la volonté politique. Ce qui manque, c'est une politique de fond, globale et commune à tous les acteurs. Strasbourg ne pourra pas résoudre le problème seul, les associations et les citoyens ne pourront pas résoudre le problème seuls... Ce qu'il faut, c'est une hausse des moyens et un effort commun.

Sophie Oberlin, directrice du 115 à Strasbourg, est excédée : elle dément ces accusations et parle de désinformation. Le gymnase est ouvert à tout le monde, personnes isolées, familles, couples, et peut accueillir jusqu'à 100 personnes s'il le faut, et aussi une dizaine d'animaux, des cages sont prévues :

Notre priorité, c'est que les gens nous appellent pour qu'on les mette à l'abri. Alors si on véhicule de fausses rumeurs, que les animaux ou les personnes seules sont refusées, évidemment qu'ils ne se signaleront pas !

Quant aux deux cafétérias, situées près de la gare, elles sont plus centrales, plus facilement accessibles et parfois préférées par certains sans-abri. Ces "caféts" font essentiellement de l'accueil de jour, mais il est possible de s'y allonger et d'y passer la nuit : des lits de camp sont mis à disposition "et des lumières tamisées pour pouvoir dormir correctement" précise, agacée, Sophie Oberlin.

Depuis début novembre, à Strasbourg, selon la mairie, en tout, près de 300 hébergements d'urgence ont été proposés à des familles et des personnes isolées. L'année dernière, le Conseil départemental du Bas-Rhin a amputé ses subventions aux associations de 700.000 euros, des subventions qui permettaient notamment de prendre en charge les loyers des logements pérennes destinés aux sans-abris.

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Capture d'écran d'échange de tweets entre le collectif SDF Alsace et Philippe Bies, député du Bas-Rhin - Radio France
Capture d'écran d'échange de tweets entre le collectif SDF Alsace et Philippe Bies, député du Bas-Rhin © Radio France -