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Épernay : la capitale du champagne s'oppose au "mois sans alcool"

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Une trentaine d'associations propose un "mois sans alcool" en janvier sur le modèle d'une opération anglaise menée depuis 2013. Dans la capitale du champagne, Épernay, le conseil municipal a voté un vœu pour manifester son opposition à l'initiative.

Le 16 décembre, le conseil municipal d'Epernay a adopté un vœu pour marquer son opposition au "Défi de janvier"
Le 16 décembre, le conseil municipal d'Epernay a adopté un vœu pour marquer son opposition au "Défi de janvier" © Maxppp - Paul Zinken

Êtes-vous capable d'arrêter l'alcool, ou au moins de réduire votre consommation, pendant un mois ? C'est le "Dry january", le défi de janvier : un mois sans alcool que propose à partir de ce mercredi 1er janvier une trentaine d'associations. Cette année l'opération n'est pas soutenue par l'État. 

Selon les associations organisatrices, cela devait être le cas mais elles accusent Emmanuel Macron d'avoir renoncé après sa venue à Épernay le 14 novembre dernier et une rencontre avec les professionnels du champagne. "C'est une excellente chose que le mois sans alcool ne soit pas soutenu par le gouvernement" réagit Franck Leroy, le maire d’Épernay qui poursuit : "Parce que la France est un grand pays de vin. C'est dans les terroirs de France que naissent les plus grands vins du monde et c'est un poids considérable dans l'économie nationale. Cela fait vivre des milliers de personnes sur notre territoire."

"Nous sommes favorable à une politique d'éducation autour du vin plutôt qu'à une politique de prohibition" Franck Leroy, maire d'Epernay

Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, l'une des associations organisatrices, se défend de vouloir interdire l'alcool: "L'objectif n'est pas l'arrêt total : il s'agit de faire une pause, de regarder les moments où on ne consomme pas par plaisir mais par incitation."

Il n'y a pas de culture de l'alcool en France mais une culture du vin ce qui n'a rien à voir" - Franck Leroy, maire d'Epernay

Mais pour Franck Leroy, le maire d'Epernay il n'y a pas de culture de l'alcool en France mais bien "une culture du vin, ce qui n'a rien à voir". L'élu propose plutôt un mois contre la malbouffe : "Pourquoi ne pas créer un mois sans fast-food par exemple qui serait beaucoup plus sain pour des millions de personnes plutôt qu'un mois sans vin ! Encore une fois il n'a jamais été démontré qu'un verre de vin de temps à autre posait le moindre problème de santé."

"Le lobby du champagne ne m'a rien demandé."

Pour le maire d’Épernay, il ne faut pas faire "d'amalgame" et distinguer la consommation festive de l'alcoolisme. Le 16 décembre, le conseil municipal d’Épernay a même adopté un vœu pour marquer son opposition au "Défi de janvier". "On est plutôt favorable chez nous à une politique d'éducation autour du vin plutôt qu'à une politique de prohibition," précise le maire de la ville. 

Pour les associations à l'initiative du mois sans alcool, le président de la République a cédé devant les lobbys de l'alcool. Le maire d’Épernay se défend d'avoir été influencé : "Le lobby du champagne ne m'a rien demandé. J'ai pris cette initiative tout seul comme un grand. On a simplement voulu mettre fin à une idée un peu folle qui consiste à nous dire, privons nous de vin pendant un mois comme si nous étions alcooliques et comme si nous avions impérativement besoin de faire cette rupture."

Le vœu du conseil municipal est pour lui une manière d'alerter le gouvernement. Selon lui, ce mois sans alcool aurait des conséquences désastreuses pour les région. "Cela voudrait dire qu'un mois sur douze, les producteurs de vins ne vendent plus de vin, dans les restaurants on ne consommerait plus d'alcool et cela aurait évidemment des conséquences économiques considérables. Alors que l'on cherche à s'exporter, la France donnerait alors un très mauvais exemple en s'associant à une campagne comme celle-ci qui consisterait ni plus ni moins à culpabiliser les amoureux du vin que nous sommes."

La consommation d'alcool est à l'origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et est responsable de 41.000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75.000), selon l'agence sanitaire Santé publique France.

A Épernay, le mois sans alcool n’enthousiasme pas les foules - Reportage

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