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Dossier : Coronavirus Covid-19

"On n'est pas que des arracheuses de poils" : esthéticienne, elle défend son rôle "d'écoute et de bien-être"

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Par , France Bleu Maine

Johanna Desnos, la patronne du salon de beauté de Villeneuve-en-Perseigne (Sarthe), appelle à manifester pour les commerces "non essentiels", ce lundi 19 avril au Mans. Elle revendique le rôle social des esthéticiennes en temps de crise.

Johanna Desnos, invitée de France Bleu Maine
Johanna Desnos, invitée de France Bleu Maine © Radio France - Lisa Guyenne

Invitée ce lundi de France Bleu Maine à 7h45, Johanna Desnos, esthéticienne de Villeneuve-en-Perseigne, est fermée depuis les dernières annonces gouvernementales. Avec d'autres commerçants "non essentiels", elle appelle à manifester, ce lundi à 14h, place de la République, au Mans. 

France Bleu Maine : Pourquoi considérez-vous votre activité comme "essentielle" ?

Johanna Desnos : "On est essentiel sur le bien-être. On est énormément dans tout ce qui va être modelage, relaxation, écoute, détente musculaire. C'est primordial à l'heure actuelle, parce qu'avec cette épidémie, on a besoin plus que jamais d'une bulle de bien-être. Donc, dire qu'on est pas essentiel pour ça, c'est totalement faux. Sur l'écoute, bien sûr, on ne peut pas dire qu'on est au même niveau thérapeutique que les professionnels. Mais en cabine, tout ce qui est dit est confidentiel, et aujourd'hui plus que jamais, les gens ont besoin de se confier.

On peut se dire qu'une manucure, une épilation ou un massage, ce n'est pas forcément une priorité par les temps qui courent...

"En fait, on nous voit principalement que comme des arracheuses de poils, ce qui est totalement faux. On ne fait pas que ça. On a cette image de l'esthéticienne qui ne fait que ça, mais notre métier est très varié. La liste est longue, mais on on fait énormément de choses qui apportent du bien-être et effectivement, pour certaines personnes, peut-être que ce n'est pas essentiel pour autant, mais pour une grande majorité, c'est le cas. Les gens ont aussi besoin de se confier, parce que les liens sociaux ont été coupés."

Quand on a annoncé la fermeture, j'ai eu beaucoup de clientes qui sont tombées en dépression. Une cliente sur deux se mettait à pleurer. Ce n'est pas normal du tout. 

Financièrement, comment vous en sortez-vous ?

"Je perds énormément d'argent tous les jours, depuis un an. Mon bilan est négatif. Ça ne fait que quatre ans que je suis installée, mon institut était en pleine croissance et là, les décisions de l'État nous enfoncent un peu plus chaque jour."

Vous avez touché les aides des précédents confinements ?

"Je les ai touchées, mais deux mois après. Ce n'est pas normal. J'ai dû investir et mettre de l'argent personnel dans mon institut, et je ne pourrai pas le faire à chaque fois. Donc pour ce confinement-là, si on est pas aidé en temps et en heure, clairement je pense que je ne serai pas la seule à fermer boutique."

Pour l'instant, vous avez reçu des compensations depuis la fermeture ?

"Non, on n'a rien touché et on n'en sait pas plus sur les aides pour l'instant."

Vous appelez à manifester au nom des commerces "non essentiels" cet après-midi au Mans. Qu'attendez-vous de cette action ?

"J'attends beaucoup de solidarité, déjà de la part des commerçants, parce qu'il faut se serrer les coudes, surtout entre petits commerces. On est en première ligne sur le plan économique. J'attends aussi du soutien de la part de nos clients, nos salariés, collègues, nos amis et notre famille. Parce que pour l'instant, effectivement, ça ne touche pas tout le monde dans son confort personnel. Mais dans quelques années, cette crise risque d'avoir un impact hyper important."

Vous êtes active sur les réseaux sociaux : vous avez lancé une pétition sur change.org pour demander la réouverture des salons esthétiques. Vous dites aussi que vous avez échangé avec le préfet de la Sarthe ? 

"Je serai reçue par le préfet à 15 heures, après la manifestation. J'attends beaucoup de ce rendez-vous, j'espère être entendue. Je vais amener tous les arguments nécessaires pour expliquer pourquoi mon métier est essentiel.

Dire aussi qu'on en a marre d'entendre que nous sommes non essentiels. Ce mot là devrait être banni, il ne devrait pas exister. Chaque métier est essentiel.

À ÉCOUTER - Johanna Desnos, invitée de la rédaction de France Bleu Maine à 7h45

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