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"On est traités comme des pions" : le ras-le-bol et l'épuisement des soignants creusois, en grève ce jeudi

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Par , France Bleu Creuse

Une vingtaine de personnels hospitaliers se sont mobilisés ce jeudi 15 octobre devant l'hôpital La Valette, pour réclamer plus de moyens et une hausse des salaires. Tous ressentent un épuisement, accentué par la pandémie de Covid-19.

Une vingtaine de soignants creusois se sont mobilisés devant le CH de la Valette ce jeudi 15 octobre 2020
Une vingtaine de soignants creusois se sont mobilisés devant le CH de la Valette ce jeudi 15 octobre 2020 © Radio France - Jeanne Daucé

Colère, épuisement, ras-le-bol, déprime... Ces mots reviennent dans la bouche de la vingtaine de soignants creusois, mobilisés ce jeudi 15 octobre devant le CH de La Valette, à Saint-Vaury, à l'occasion de la journée de grève nationale des hospitaliers et acteurs médico-sociaux. Dans leur viseur, le Ségur de la santé, le plan du gouvernement, entériné en juillet 2020, qui prévoit la création de 15.000 postes en France et une revalorisation des salaires des soignants. Mais pour les personnels, le compte n'y est pas. A bout de souffle depuis plusieurs années, la pandémie de Covid-19 les a mis encore plus sous tension.

Les soignants du secteur médico-social exemptés de prime Covid

Fabien est infirmier à La Valette. "On soigne des êtres humains. Le minimum, ce serait qu'on soit nous aussi traités comme des êtres humains et pas comme des pions !" Cet infirmier médico-social a été mobilisé contre la pandémie de coronavirus. Mais à l'exception des personnels d'Ehpad, les agents médico-sociaux ne touchent pas la prime Covid-19. Une prime de 183 euros mensuels, soit un manque à gagner de près de 2.200 euros par an. "Apparemment, on est des sous-infirmiers ! s'indigne Fabien. Cela nous montre que notre travail n'a pas de sens, donc nous aussi on subit cette perte de sens dans notre travail."

"On a salué l'engagement des soignants pendant le confinement. Aujourd'hui on nous dit : "Vous avez eu une prime, vous voulez quoi de plus ?" L'argent c'est le nerf de la guerre, mais ce n'est pas tout, il faut aussi plus de moyens. Ce qui fait tenir les soignants, c'est venir s'occuper de leurs patients", détaille Pascale Lanz, éducatrice à La Vallette, syndiquée CGT. 

L'hôpital public n'a plus d'avenir, malheureusement

Car si le salaire se dégrade, le moral des soignants aussi. Marie-Laure infirmière depuis 36 ans, se sent "démoralisée, déprimée. J'ai envie d'arrêter mais je suis presque en fin de carrière, donc c'est trop tard pour une reconversion professionnelle. Mais je comprends mes jeunes collègues qui veulent changer de voie, car l'hôpital public n'a plus d'avenir malheureusement".  

37 % d'infirmiers songent à arrêter leur métier, selon l'Ordre des infirmiers ; 43 % pensent ne plus travailler dans le secteur de la santé d'ici 5 ans. La pandémie n'a pas arrangé les choses, mais le manque de moyens non plus. Pour endiguer ce phénomène, il faut augmenter les salaires et cadrer les horaires dit Bertrand Reinhardt, cadre de santé de La Vallette syndiqué CGT. "Travailler un week-end sur deux, ne pas avoir de vacances, être appelé sur ses repos... On peut le faire cinq-six ans, mais plus longtemps ce n'est pas possible. Il faut embaucher pour éviter l'épuisement des soignants." 

En France, la CGT estime qu'il manque 100.000 postes dans les hôpitaux, 200.000 dans les Ehpad.

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