Société

Et si les éthylotests étaient obligatoires en sortant de boite de nuit?

Par Bastien Deceuninck, France Bleu Besançon lundi 31 octobre 2016 à 19:33

Certains établissements mettent à leur frais des éthylotests à disposition des clients
Certains établissements mettent à leur frais des éthylotests à disposition des clients © Radio France - Bastien Deceuninck

Après l'accident survenu ce weekend à Besançon,où une jeune fille de 20 ans a été percutée par un conducteur ivre qui rentrait de discothèque, la responsabilité des établissements servant de l'alcool revient sur la table. Mais selon les gérants de boîte de nuit, il s'agit de l'affaire de tous.

Une jeune fille de 20 ans fauchée par un automobiliste conduisant avec 1,5 grammes d'alcool par litre de sang : c'était dans la nuit de samedi à dimanche. Début juin, une jeune fille de 19 ans, alcoolisée, écrasait un jeune homme de 17 ans lui aussi en état d'ivresse. Quelques jours avant, un gendarme était renversé à Vesoul par un conducteur de 24 ans qui conduisait avec une alcoolémie trois fois supérieure à la limite autorisée...

À chaque fois, un des protagonistes rentrait ou se rendait en discothèque et avait beaucoup trop bu. Faut-il dès lors rendre obligatoire l'utilisation d'éthylotests en sortie de boite de nuit? Si la mesure semble être une bonne idée sur le fond, elle plus compliquée à appliquer. "On peut rendre les éthylotests obligatoires dans les établissements, mais obliger les clients à les utiliser, c'est très difficile" explique Andrée, la gérante du club "le Privé" à Besançon. Cela fait des années qu'elle en propose et si certains clients en demandent, elle ne peut pas être derrière chaque personne. "En plus, nous sommes un petit établissement. Dans une grosse boîte, c'est ingérable!"

Les discothèques pas les seules responsables

Andrée rappelle aussi que les éthylotests sont aujourd'hui à la charge des établissements. À 1 euro pièce, cela représente un budget conséquent. Elle estime aussi que les discothèques ne sont pas les seules responsables de l'alcoolisation excessive. "Aujourd'hui, les gens commencent à boire chez eux, puis ils vont dans les bars où ils continuent, et ensuite ils arrivent chez nous. Parfois, ils ont acheté des bouteilles dans les magasins et sont déjà très fortement alcoolisés en arrivant". Mais en cas d'accident, c'est le dernier établissement visité qui est le plus souvent pointé du doigt.

"Nous sommes parfois obligés de confisquer des bouteilles aux personnes qui arrivent à l'entrée, et même de leur refuser l'entrée car ils ont trop bu"

En 2012, le gouvernement avait tenté de rendre les éthylotests obligatoires dans les voitures. La mesure avait été suspendue, faute d'approvisionnement, mais aussi à cause de critiques sur la fiabilité du test.

  • Danièle Poissenot, adjointe à la prévention, la sécurité et la tranquillité publique à la mairie de Besançon est notre invitée ce mardi à 8h10.

  • Faut-il imposer les alcootests à la sortie des boites de nuit ? Donnez-nous votre avis au 03 81 833 111

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