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Société

ETA "reconnaît les dommages causés tout au long de son parcours armé" et demande "pardon"

vendredi 20 avril 2018 à 8:37 Par Thomas Schonheere et Bixente Vrignon, France Bleu Pays Basque et France Bleu

L'organisation indépendantiste basque, dans un communiqué rendu public ce vendredi, reconnaît "les dommages causés tout au long de son parcours armé".

Des milliers de personnes s'étaient réunies à Bayonne, en avril 2017, pour saluer le désarmement d'ETA.
Des milliers de personnes s'étaient réunies à Bayonne, en avril 2017, pour saluer le désarmement d'ETA. © Maxppp - Marion Vacca/Wostok Press

Pays Basque, France

C'est un texte en langue basque, daté du 8 avril dernier et rendu public ce vendredi matin. Un communiqué dans lequel ETA se dit "sincèrement navrée" des dommages engendrés par son combat pour l'indépendance du Pays Basque.

"Nous leur demandons pardon"

"ETA veut reconnaître à travers cette déclaration les dommages causés tout au long de son parcours armé, et manifester son engagement pour dépasser définitivement les conséquences du conflit", écrit l'organisation dans ce communiqué, traduit par Mediabask.

Dans ce texte, ETA s'adresse particulièrement aux victimes "étrangères au conflit" : "Nous savons que, contraints par les besoins de toutes sortes liés à la lutte armée, notre action a engendré des préjudices à des citoyens et des citoyennes qui n’avaient aucune responsabilité. (...) A ces personnes et à leurs familles, nous leur demandons pardon."

C'est un communiqué important attendu depuis longtemps" (Gorka Landaburu)

Pour le journaliste Gorka Landaburu, blessé aux mains et au visage par un colis piégé en mai 2001, ce communiqué est important, même s'il aurait du être fait depuis longtemps.

La réaction de Gorka Landaburu, journaliste victime d'ETA en 2001

Toutes les victimes d'ETA ne partagent pas ce point de vue. "C'est une déclaration cynique" selon Ana Iribar, la veuve du chef de file basque du Partido Popular  Gregorio Ordoñez assassiné en 1995. Le Covite, le Collectif des victimes du terrorisme exige d'ETA qu'elle "éclaire les crimes non résolus".

"Un pas très important dans la résolution du conflit basque"

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy pour sa part estime "bien" cette demande de pardon.  "Ce n'est qu'une nouvelle conséquence de la force de l'Etat de droit qui a vaincu l'ETA avec les armes de la démocratie."  Pour Jean-Noël Etcheverry Txetx, fondateur des "Artisans de la paix", cette nouvelle déclaration unilatérale d'ETA va dans le bons sens et il demande à la France d'accélérer le rapprochement des prisonniers basques et à l'Espagne de sortir de l'immobilisme.

Pour Jean Pierre Massias, professeur de Droit public à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, "c'est un pas très important qui vient d'être franchi dans la résolution du conflit basque".

L'analyse de Jean-Pierre Massias, spécialiste de la question basque

ETA est toujours considéré comme un groupe terroriste par l'Union Européenne à ce jour.  Il y a un an, le 8 avril 2017, la société civile avait organisé une journée pour restituer à la justice française l'arsenal d'ETA. Selon les informations de la télévision publique basque Euskal Telebista, ETA doit annoncer sa dissolution au cours du premier week-end du mois de mai.