Société

EXCLU | Foot - Frédéric Thiriez : "Il n’y a pas de racisme anti-Corse"

Par Patrick Rossi, France Bleu RCFM dimanche 12 avril 2015 à 13:26

Frédéric Thiriez, le président de la LFP
Frédéric Thiriez, le président de la LFP © Maxppp

Après la finale manquée de la Coupe de la Ligue ce samedi 11 avril à Paris, RCFM a tenté, en vain de s’entretenir avec Frédéric Thiriez. Mais le président de la Ligue de football professionnel (LFP) a refusé de répondre à nos questions. Il a néanmoins accordé une interview exclusive à Jacques Vendroux, directeur des sports de Radio France.

Frédéric Thiriez était ce dimanche 12 avril dans les couloirs de la maison de la radio à Paris. Le président de la Ligue de football professionnel avait accepté de s’entretenir avec la rédaction sportive de Radio France … mais pas avec le journaliste de RCFM. Nous avions pourtant quelques questions à poser à Frédéric Thiriez. Peut-être une autre fois.

Pour la première fois, il n’y a pas eu de protocole lors de la finale de la Coupe de la Ligue ?

Frédéric Thiriez : Ce que je retiens d’abord de cette soirée, c’est que que ça a été une très belle soirée de football, sur la pelouse et dans les tribunes. Je tiens à le dire et notamment à féliciter les supporters de Bastia qui sont arrivés très en avance, qui ont mis de l’animation. On avait l’impression que le stade était rempli de bastiais. Ils ont joué le jeu, encouragé leur équipe, j’étais très content.

Maintenant vous me dites : « pourquoi je ne suis pas descendu sur le terrain ? ». Dans un souci d’apaisement.  Mon seul objectif hier était que ce match se déroule dans une ambiance de fête. Or je savais très bien, parce que mon rôle est d’être informé, que dès l’instant où je descendais sur la pelouse il y aurait des incidents. Et que ces incidents allaient entacher la fête et entacher le début du match par des choses tout à fait désagréable. Donc je me suis en quelque sorte sacrifié. Ce n’est pas agréable pour moi de ne pas aller serrer la main des joueurs sur le terrain avant le match. Je me suis sacrifié, dans l’intérêt général, pour que la fête ne soit pas gâchée.

Il y a toujours eu des rapports ambigus avec les Bastiais ?

FT : Pas de mon fait, ni du fait de la ligue. Personnellement j’ai toujours eu un immense respect pour ce club, qui est un grand club. J’étai au centenaire du SC Bastia là-bas, j’y suis allé encore l’année dernière. C’est un club qui fait partie du patrimoine historique du football français. C’est un grand club. Mais ils nous en veulent, à nous, Paris.  Paris c’est la ligue, et c’est son président. Ils nous en veulent parce que parfois il arrive à la commission de discipline de les sanctionner, parce qu’ils font parfois des bêtises comme les autres clubs. Et chaque sanction est un peu interprétée comme du racisme anti corse. Non, ce n’est pas du racisme anti corse. C’est l’application de la loi à tout le monde.  Et puis il y a ce vieux contentieux du 5 mai. Faut-il ou pas faire une journée sans football le 5 mai ? Pour moi, pour la fédération, pour les pouvoirs publics, ce débat a été tranché définitivement au bout d’une longue concertation.

Bien sûr il y a un devoir de mémoire envers les victimes de Furiani. Mais il y a aussi un devoir de vie. Lorsque l’on commémore un drame, on ne doit pas fermer les portes et les fenêtres, se murer chez soi et faire des journées sans football, ça n’existe dans aucun pays d’Europe. Donc nous avons pris des mesures équilibrées. Premièrement on s’est engagé à ce qu’il n’y ait plus jamais de finale de coupe le 5 mai. Deuxièmement, on s’est engagé à ce que les clubs corses ne jouent le 5 mai, même sur le continent. Enfin le 5 mai, on fait une commémoration, une minute de silence. Voilà, c’est une solution équilibrée, juste. Je ne comprends pas que certains, sans doute à des fins politiques, veuillent remettre en cause cette décision.

Les joueurs bastiais refusent de vous serrer la main ?

FT : Je ne leur en veux pas. Je pense que quelque part ils ont été un peu instrumentalisés. Cela m’a juste un peu attristé. Je comprends que le score les ait profondément frustrés. D’autant qu’il est vrai qu’à la 19e minute, carton rouge et penalty c’est un peu dure. Cela m’a attristé. Certains effectivement ont refusé de me serrer la main. C’est dommage, ça m’a fait de la peine, mais j’oublierai ça avec le temps.  

Frédéric Thiriez

La réaction du président du Sporting :

Pierre-Marie Geronimi n’y est pas allé par quatre chemins pour qualifier le comportement de Frédéric Thiriez. Le président du SCB avait déjà quitté la tribune présidentielle en signe de protestation, au coup d’envoi, à la fin de match il a accusé le Président de la Ligue Nationale de faire du racisme anti-corse.

SCB GERONIMI 12