Société

EXCLU - Le Doubs, département pilote pour la gestion des free parties

Par Dimitri Imbert, France Bleu Besançon et France Bleu vendredi 27 janvier 2017 à 6:44

A Grosbois, près de Baume les Dames plus de mille teufeurs s'étaient installés en mai dernier tout un week-end sur un terrain appartenant au maire de la commune.
A Grosbois, près de Baume les Dames plus de mille teufeurs s'étaient installés en mai dernier tout un week-end sur un terrain appartenant au maire de la commune. © Maxppp - S GAUDARD

Dans le Doubs, la préfecture expérimente une collaboration avec les organisateurs de free parties, les rassemblements sauvages de musique techno. Objectif, accompagner le mouvement pour mieux l'encadrer, en évitant les risques liés à la sécurité ou à la santé publique par exemple.

C'est une gageure. Depuis plusieurs mois déjà, la préfecture du Doubs teste un dispositif pour limiter les nuisances liées aux free parties ou rave parties. Et cela n'a rien de simple : comme son nom l'indique, une free party est un rassemblement libre, qui se fait donc sans prévenir et qui rassemble plus de cinq cent personnes sur le même site.

En mai dernier, à Grosbois près de Baume les Dames, plus de mille teufeurs s'étaient ainsi retrouvés tout un week-end, sur un terrain appartenant au maire de la commune. "Et on n'est pas près de recommencer, indique le maire de Grosbois Paul Cuenot. Ça fait trop de gêne pour les gens du village, avec le bruit, jour et nuit, même si les personnes qui ont fait la fête sont sympathiques et qu'ils ont remis le terrain en état."

La fête, ils la feront de toutes façons, autant leur trouver un terrain adapté" - Paul Cuenot, maire de Grosbois

Outre la nuisance des murs de son à plus de 20 000 watts, ce qui inquiète, ce sont bien sûr l'alcool et les produits stupéfiants. Un vrai casse-tête donc pour les pouvoirs publics, qui arrivent parfois tout de même à construire une relation de confiance avec les organisateurs. C'est notamment le cas avec deux d'entre eux dans le Doubs.

Un terrain choisi avec l'accord des pouvoirs publics, que les organisateurs s'engagent à remettre en état

L'idée, simple, s'appuie sur un accord gagnant pour tout le monde. D'un côté, les pouvoirs publics s'assurent que le terrain qui sera occupé ne présente pas un enjeu de sécurité ou de santé publique comme un point de captage d'eau par exemple. Les organisateurs sont ainsi assurés que leur manifestation ne sera pas immédiatement interdite. En contrepartie, ils s'engagent à nettoyer et remettre le terrain en état. Ce qu'ils avaient fait à Grosbois l'an dernier.

Reste un point notamment à améliorer, l'indemnisation en cas de dégâts importants pour les communes. Mais dans l'ensemble, l'idée est saluée par les élus. "De toute façon, la fête ils veulent la faire, autant trouver un terrain qui soit adapté", conclut Paul Cuenot le maire de Grosbois.