Société

EXCLU | Réforme des collèges: l'Alsace garde ses classes bilangues

Par Aymeric Robert et Guillaume Chhum, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass mercredi 22 avril 2015 à 19:13

Traité de l'Elysée, langues, Sarre-Lorraine, bilinguisme
Traité de l'Elysée, langues, Sarre-Lorraine, bilinguisme © - PhotoPQR/L'Alsace

Dans son projet de réforme des collèges, Najat Vallaud-Belkacem prévoit de faire disparaître les classes bilangues dès la rentrée prochaine. Des mesures qui ne devraient pas concerner l'Alsace, en raison de sa situation géographique. "Je me suis battu pour cela", a confié le recteur de l'académie de Strasbourg, mercredi, à France Bleu Alsace.

Le projet de réforme des collèges présenté en mars par la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, prévoit la disparition des classes bilangues, ces classes qui permettent d'apprendre deux langues dès la sixième. Au niveau national, les classes bilangues concernent 15,9% des collégiens contre 60% en Alsace . Le projet du gouvernement propose de commencer l'apprentissage de la seconde langue en cinquième à raison de deux heures par semaine.

L’Alsace ne devrait pas être concernée par cette suppression, comme d'autres régions frontalières. C'est en tout cas la position du recteur de l'académie de Strasbourg, Jacques-Pierre Gougeon. "Comme chaque recteur reste maître chez lui. En Alsace, la politique en faveur du bilinguisme et en faveur des langues en général demeure et je me suis battu pour cela." Un régime d'exception qui devrait être étendu aux classes européennes au lycée.**

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En Alsace, près de 60% des collègiens suivent ce cursus de classes bilangues pour favoriser notamment la pratique de l’allemand. Elles permettent aux élèves de sixième de poursuivre l’apprentissage de l’allemand commencé en primaire et de commencer l’apprentissage de l’anglais. On parle d’élèves «bilangues» uniquement pour les classes de sixième et cinquième. La réforme ne concerne pas le système de bilinguisme propre à l'Alsace qui permet de commencer l'allemand en maternelle et de continuer jusqu'au collège avec un enseignement dans les deux langues.

"A l'échelle nationale, c'est malgré tout un sale coup porté à l'apprentissage de l'allemand"

"En Alsace, c'eût été un non-sens complet. On espère aussi que le recteur d'Académie à Strasbourg sera soutenu par sa hiérarchie" , explique Claude Froehlicher, le président de l'association Eltern Alsace, une association de parents d'élèves de l'enseignement bilingue basée à Colmar .

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"C'est une bonne nouvelle pour nous égoïstement en Alsace , poursuit Claude Froehlicher, parce que l'accès à la langue allemande doit être développé le plus possible (…). A l'échelle nationale, c'est malgré tout un sale coup porté à l'apprentissage de l'allemand alors qu'on se veut les principaux partenaires et le moteur européen."

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"Pour nous, c'est fondamental, car l'enjeu, c'est l'emploi" , rappelle Nathalie Griesbeck , députée européenne Grand Est du Modem, native de Metz.

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"En Alsace, c'est une richesse, parce que l'allemand est la version écrite de notre langue régionale. 70% des entreprises installées en Alsace demandent une bonne pratique de l'allemand à l'embauche ", explique Elisabeth Moischen-Oster, parent d'élève dans le Haut-Rhin.

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