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Société

Expérimentation de la vidéo dans les abattoirs : un compromis qui ne satisfait pas grand-monde

lundi 28 mai 2018 à 20:19 Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel

Un compromis, parfois c'est un consensus. La vidéo surveillance autorisée à titre expérimental, pour tenter de rétablir la confiance dans le milieu agro-alimentaire ? Ce ne sera pas le cas, en tout cas pas tout de suite. Voici pourquoi.

Avec cette action, l'association L214 veut plonger les passants "en immersion" dans les abattoirs.
Avec cette action, l'association L214 veut plonger les passants "en immersion" dans les abattoirs. © Radio France - Lauriane Delanoë

Bretagne, France

_"_Dès qu'on en saura plus sur le *comment* pour les modalités d'application pour les salariés, nous irons tout de suite". Loïc Hénaff, le patron de la petite boite bleue bigoudène du même nom n'y va pas par quatre chemins : "On était plutôt en attente d'une position clair du gouvernement et de l'Assemblée Nationale. En la matière, c'est plutôt une déception. Surveiller ce qui se passe chez nous ne nous pose pas de problème. Mais qui pourra avoir accès à ces vidéos, pour en faire quoi ? Le supérieur hiérarchique ? Les vétérinaires ?

Compromis et déceptions

Dans cette réaction, on voit tout ce qu'un compromis peut porter en lui de déception. Sur ce sujet devenu ô combien sensible (dans l'opinion) du bien-être animal, les tenants de la vidéo seront très déçus. Ils n'auront pas la vidéosurveillance généralisée qu'ils réclamaient. Mais le personnel travaillant dans les abattoirs pourra la voir s'installer, sans qu'aujourd'hui on sache exactement qui aura accès aux bandes.

Vidéos chocs et textes recalés

Pour tenter de répondre aux vidéos chocs, notamment de l'association L214, et à l'émoi qu'elles ont suscité, l'idée avait été émise de mettre des caméras de vidéo surveillance pour observer s'il y avait des comportements indignes dans les abattoirs. Mais l'assemblée a déjà reculé une première fois sur un texte du député Olivier Falorni, et cette fois, on s'arrête au stade de l'expérimentation. 

Garanties sur cette expérimentation

Quelles sont les garanties dans cette expérimentation pour les salariés ?  Première garantie : ça va durer deux ans. 2e garantie : dans des établissements volontaires. On n'imposera pas les caméras. C'est bien, mais ça veut dire aussi qu'il n'y a aucune contrainte, donc les défenseurs de la cause animale sont très déçus. 3e garantie : il faudra l'accord des représentants du personnel.

Des personnels vraiment très sceptiques

Et là ce sera dur. Un représentant CGT de chez Bigard à Quimperlé nous confie que plusieurs salariés de l'entreprise ont déjà exprimé leur volonté de changer de poste si la vidéo est mise en place. On va donc attendre le décret d'application, car d'après la député du Finistère Sandrine Le Feur, ce sera plus concret à ce moment-là. 

Sandrine Le Feur - Radio France
Sandrine Le Feur © Radio France

Il ne faut pas stigmatiser ceux qui travaillent dans les abattoirs, le métier qu'ils font est très difficile

Elle, n'était pas "à tout prix" pour la vidéo, "il ne faut pas stigmatiser ceux qui travaillent dans les abattoirs, parfois, avec la cadence, et mentalement, le métier qu'ils font est très difficile. La vidéo, ça peut être aussi un outil pour la formation. Les méthodes d'applications et la garantie que ces images ne fuiteront pas, ce sera aussi le travail de la _CNIL_. Mais j'encourage quand même les abattoirs à avoir cette expérimentation. C'est une attente de la société, pour redonner confiance aux consommateurs". 

Ce ne sera pas le cas chez Hénaff à Pouldreuzic, pour le moment le patron, Loïc Hénaff, nous a clairement dit que tant que les textes ne seront pas plus clairs, lui ne bougerait pas sur ce dossier. Et il risque fort de ne pas être le seul à laisser tout cela en stand-by.