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Société

Explosion de la rue Pierre-Palliot à Dijon : témoignage de la voisine qui n'a simplement pas aimé en retour

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Par , France Bleu Bourgogne

Il y a deux ans à Dijon, un homme a mis le feu a des bouteilles de gaz, faisant une vingtaine de blessés. Il a voulu mettre fin à ses jours par dépit amoureux. Celle qui l'a éconduit à plusieurs reprises témoignait lors du troisième jour de ce procès devant la Cour d'assises de la Côte-d'Or.

L'explosion avait eu lieu vers 9h30, rue Palliot, à Dijon, dans un immeuble de deux étages
L'explosion avait eu lieu vers 9h30, rue Palliot, à Dijon, dans un immeuble de deux étages © Radio France - Thomas Nougaillon

Dijon, France

Ce mercredi, la Cour d'Assises de la Côte-d'Or accueillait le troisième jour de procès après l'explosion du 16 septembre 2016 à Dijon, rue Pierre-Paillot. On se souvient de cette violente explosion causée par un homme qui voulait mettre fin à ses jours, faisant plusieurs blessés et détruisant des logements. L'homme dit qu'il n'avait pas supporté d’être éconduit par Angélique, une voisine dont il était amoureux, elle le voyait comme un ami. Encore aujourd'hui, elle se sent coupable de ne l'avoir simplement pas aimé en retour et subit le traumatisme de la déflagration

Un amour obsessionnel, sans retour 

Angélique, 44 ans, s'est avancée à la barre en pleurs, un mouchoir roulé en boule dans son poing serré. Cette femme est arrivée dans l'immeuble en février 2014. Très vite, elle a fait connaissance avec Yves, l'accusé et Agnès, une autre voisine. Ils sont devenus amis, dînaient et buvaient leur café tous les trois : "c'était comme une forme de rituel, il aimait cuisiner. Au lieu d'être seuls chez nous, c'était mieux ensemble," raconte-t-elle.

Je le voyais plus comme un père, que comme un petit-ami - Angélique 

Elle avait un compagnon. Yves, elle le voyait "plus comme un père, que comme un petit-ami," d'ailleurs il buvait, ce qui lui rappelait son père alcoolique, jamais elle n'aurait pu s'en amouracher. "Il m'a révélé ses sentiments en 2015. J'ai toujours été claire et précise avec lui. J'ai même pensé à déménager," explique Angélique, "j'essayais de lui faire comprendre que j'avais une vie ... Et il s'énervait". Elle a pensé à porter plainte car il la harcelait au téléphone quand elle était en vacances, mais il l'a rassurée : "t'inquiète, mes sentiments je vais les gérer."

Des remords : "je me suis sentie coupable d'exister à cause des sentiments qu'il avait envers moi"

Ce qui a provoqué la colère d'Yves, c'est la lecture d'un poème qui parlait d'amour par leur amie Agnès, il s'est énervé : "C'est de la merde. L'amour c'est rien, moi j'y ai pas le droit !" C'est là que l'accusé est entré dans ce cercle infernal de rage, en passant du taillage de veines à la violence, jusqu'à l'acte du 16 septembre. Discussions, appel au SAMU : les deux amies ont tout fait pour l'aider, ce qui n'a fait qu'augmenter sa colère : "lorsqu'il s'est taillé les veines il a dit que c'était de ma faute, pour montrer le mal que je lui faisais."

"Elle porte une culpabilité depuis les événements. Elle n'a rien à se reprocher" : Maître Dumont, l'avocate d'Angélique

"J'ai eu confiance en cet homme, je m'en veux, je me suis sentie coupable d'exister à cause des sentiments qu'il avait envers moi," explique la victime à la barre. Elle se sent parfois responsable des blessures causées par l'explosion. 

"Par exemple la dame qui a été amputée d'une jambe (l'une des victimes de l'explosion, ndlr), elle a l'impression que c'est à cause d'elle. L'audience a un rôle thérapeutique pour les victimes, on attend que la Cour la remette à sa place de victime," rétorque Maître Dumont, l'avocate d'Angélique. C'est pourquoi c'est important de comprendre leur relation : "certains pourraient croire qu'elle a joué avec ses sentiments, alors que ce n'est pas le cas."

A ce sentiment de culpabilité s'ajoute le traumatisme de l'explosion. Cette victime ne s'en est pas remise : "j'étais déjà insomniaque. Là, inutile de vous dire que c'est horrible. Il y a un avant et un après le 16."